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Le blog du voyage by Chapka

Un tour du monde en camping-car et avec les enfants

Michael, 34 ans, est le chef de file d’une famille suisse qui a la passion du voyage et de la lecture. Lui préfère écrire ! Surtout sur le blog « La Vie devant, les kilomètres derrière » qu’il anime depuis deux ans. Il y parle de cette expérience hors du commun : un tour du monde en camping-car et avec les enfants.

Michael, pouvez-vous présenter votre équipage en quelques mots ?

Nous sommes une famille de cinq. Il y a Claire, la maman de 31 ans, nos trois enfants et moi. Notre aînée, Soraya, a 13 ans. Au milieu, il y a Jimmy, 11 ans. Amélie, la petite dernière, a 7 ans. Nous avons tous un caractère bien trempé et le calme chez nous n’existe pas. Bien que nous apprécions nous détendre, il est difficile pour nous de rester plusieurs jours au bord d’une plage. Très vite le besoin de bouger et d’être actif se fait sentir.

Comment s’est dessiné ce tour du monde en camping-car ?

Trois mois après notre rencontre, Claire et moi partagions déjà un voyage en Australie. Nous avons souvent voyagé, même si ce n’était que pour des vacances avec nos parents. Puis, que ce soit avec un, deux ou trois enfants, nous ne nous sommes jamais vraiment arrêtés d’aimer les voyages. Lorsqu’Amélie avait un an et demi, par exemple, nous sommes partis un mois au Sri Lanka. Trois enfants sous le bras, les sacs sur le dos, nous avions prévu les billets aller et retour mais rien entre les deux. C’était notre premier vrai voyage en impro’ et je crois que c’est ce qui nous a vraiment ouvert l’esprit au voyage et à l’aventure. Ensuite, il y a eu quelques semaines de vacances au Caraïbes, en Égypte en en Asie, mais c’est en Guadeloupe, en janvier 2012 que l’idée de tour du monde en camping-car a fait sa première apparition.

tour du monde en camping car au salar de Uyuni (Bolivie)

La famille et leur camping-car Rhino au salar de Uyuni (Bolivie)

Est-il facile de voyager avec des enfants ?

Voyager avec des enfants, c’est en fait certainement plus facile qu’en couple. En effet, avec vos enfants, vous prenez plus de temps. Ils ne peuvent pas suivre un rythme de voyage que s’imposeraient deux adultes. En plus, ne souhaitant pas les mettre dans des situations trop pénibles, vous choisissez des moyens de transports ou des hébergements qui offrent plus de confort – le camping pour nous. Tout le monde y est gagnant. Cela suscite aussi l’intérêt. Lorsque vous arrivez n’importe où dans le monde et que vous ouvrez votre porte de camping-car et qu’il y a un, deux, puis trois enfants qui en sortent, ça interpelle les gens. Du coup, cela crée énormément de contact et ça ouvre beaucoup de portes. Pour la sécurité, c’est aussi un plus. La famille, c’est une notion internationale. Même une personne mal intentionnée réfléchira à deux fois avant d’attaquer une famille.

Comment êtes-vous organisés pour l’école ?

C’est LE sujet sensible de tous les voyageurs. C’est une tâche qui n’est pas vraiment des plus faciles. La scolarité entre parents et enfants crée parfois des tensions au sein de la famille. Mais de façon générale, en s’imposant un rythme clair et régulier accompagné de beaucoup de bonne volonté de la part de chacun, cela se passe bien. Nous avons choisi de ne travailler que les matières principales demandées en Suisse, à savoir le français, les mathématiques, l’allemand et l’anglais, à raison de 3 h/jour, cinq jours par semaine. Puis également 2 h chaque samedi pour ce que l’on appelle l’école vivante (culture générale ou sciences générales).

Nous prenons, en principe, des sujets en lien avec le lieu où nous sommes. D’ailleurs, nous visitons de nombreux musées, et cela fait 100% parti du programme éducatif. Nous exigeons une présence et un intéressement total de nos enfants lors de ces visites. Puis, il y a ce qu’ils voient chaque jour. Allez expliquer à des enfants qu’un léopard dort dans un arbre, tout cela en étant assis dans une salle de classe, en regardant des images. Et maintenant, imaginez-vous en face du léopard, à une vingtaine de mètres, dans votre camping-car, en train de l’observer pour de vrai. C’est ce que nous venons de vivre ici au Park National Kruger en Afrique du Sud, d’où je vous écris.

Vous avez commencé par parcourir le continent américain du nord au sud. Était-ce plus facile de voyager dans un pays riche pour se mettre en condition ?

C’est exactement la raison qui nous a poussés à nous rendre en Amérique du Nord pour commencer notre périple. Nous imaginions, dans un premier temps, nous rendre en Asie depuis l’Europe. Mais franchement, nous n’avions pas envie de nous retrouver directement dans des pays comme l’Inde pendant les six premiers mois de voyage. C’est donc au Canada que nous nous sommes rendus pour débuter notre tour du monde.

Qu’est-ce qui vous a le plus étonné en Amérique centrale et latine ?

Sans aucun doute, le côté tradition qui est présent au Guatemala et au Nicaragua. Les femmes habillées avec leurs tissus colorés. Mais aussi l’extrême pauvreté de l’Amérique centrale, qui ne peut laisser de marbre. Les gens vivent dans des situations précaires. Pour l’Amérique du Sud,  le nombre de déchets au Pérou nous a particulièrement choqués. Le racisme extrême en Bolivie est heurtant également. Puis, un gros choc pour nous aura été la présence de chips, coca-cola et bière partout en Amérique Latine. Sinon, de manière plus positive, l’hospitalité nous a beaucoup marqué. Vous trouverez toujours une bonne personne pour vous aider.

Un tour du monde en famille

Quelque part au Guatemala

Quelles ont été les destinations coup de cœur de l’équipage ?

Sans aucun doute les Etats-Unis, pour la beauté des parcs de l’Ouest. Des paysages et une nature de fou. Nous y avons pris un pied géant durant trois mois. La Colombie, pour l’extrême gentillesse des gens. Le pays est sûr. Le temps des narcotrafiquants est terminé. La Colombie est belle, variée, chaude ou fraîche selon la région où vous êtes, mais les gens, eux, ont toujours cette gentillesse sans égale et gratuite. Jamais on ne nous a demandé un peso pour service rendu. Vraiment, une très belle surprise.

Mais n’oublions pas l’Argentine, là où nous avons été si souvent invités pour un asado (barbecue). Les gens sont aussi très ouverts et agréables. C’est là que nous avons eu la plus belle immersion dans un village non touristique. Puan, accueillis par Miguel et Alicia. Là aussi, un merveilleux souvenir. Il y a aussi les 21 autres pays que nous avons vus, comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Belize et tous les autres qui ont aussi leurs perles, leurs secrets.

Vous avez ensuite visité l’Océanie. Quand on lit votre bilan de voyage, on a l’impression que vous avez préféré l’Australie à la Nouvelle-Zélande…

La Nouvelle-Zélande a une nature ahurissante, extravagante, merveilleuse. Elle a d’énormes qualités à offrir. Sauf que pour nous, certains choix et peut-être notre manière de voir les choses ont un peu gâché cela. Le mode de voyage (1 vieux camper van avec une tente pour les enfants) nous a souvent mis dans des situations d’inconfort. Nous étions moins enclins à apprécier les lieux où nous étions. Puis, il y a clairement une saturation de backpackers qui abusent trop souvent du système. On pense notamment à tous ces campings gratuits fermés par les municipalités car les voyageurs n’en prenaient pas soin.

Au contraire, l’Australie, c’était ce qu’il nous fallait à ce moment précis. Tout d’abord, le souvenir de notre premier voyage sans enfants il y a quatorze ans. Puis le pays est énorme donc on voit moins les backpackers. Puis, en arrivant, mon père nous a rendu visite pendant cinq jours et nous avons voyagé avec des familles que nous connaissons bien. Et que dire du dernier des quatre mois de voyage là-bas ? Nous l’avons partagé avec la mère et le frère de Claire, qui avaient loué un 4×4 pour nous suivre. Puis à Perth, nous avons retrouvé ma famille qui y habite et que nous n’avions pas vu depuis des années.

Vous voilà désormais en Afrique. Avez-vous plus d’appréhension ou est-ce que la soif de découverte est encore plus forte au fil du temps ?

Nous voici maintenant depuis un mois ici en Afrique. Je crois que nous pouvons assez sérieusement dire que nous sommes passés à un mode de vie plus qu’à un mode de voyage. Les deux premières années, nous étions dans la soif de découvrir de nouvelles choses, l’envie d’en voir plus, d’en faire plus. Nous sommes maintenant dans la dégustation de l’instant présent. Nous n’avons aucune appréhension pour l’Afrique, ce n’est sûrement pas plus dangereux que l’Amérique Centrale et nous y avons survécu. Le choc culturel devrait être plus doux aussi. En Europe, nous sommes plus facilement exposés aux cultures africaines que latino-américaine, nous y sommes donc plus « habitués ». Nous attendions depuis si longtemps de découvrir cette vie sauvage, les lions, les éléphants. Nous sommes aussi dans l’excitation de cette découverte, nous y prenons beaucoup de plaisir.

Que diriez-vous aux parents qui ont peur de partir loin et longtemps avec leurs enfants ?

C’est difficile car chaque parent ressent les choses à sa façon. Mais je crois que le plus important est d’impliquer les enfants dans tout le processus de préparation d’un tel voyage. Les préparer à cela. Puis, ensuite, continuer à les écouter en voyage. Ils font 100% partis de cette aventure, et les écouter n’est pas un luxe mais bien une nécessité pour les rendre acteurs de ce qu’ils vivent. Et pour le reste, c’est toujours la même chanson. Le premier pas est difficile, mais une fois la machine lancée, tout se met en place naturellement.

Un tour du monde en camping-car à la rencontre des flamants roses

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de l’aventure ?

Santé, sécurité et équilibre. Si nous avons ces trois choses, alors le plus important suivra : le bonheur et la joie.

Claire et Michaël se sont aussi engagés pour l’association HAPPY (Help for All. Practical,Personal and with convivialitY), qu’ils ont eux-même créé et qui vise à aider les populations démunies. Pour continuer à suivre le récit de leurs aventures, rendez-vous sur le blog La vie devant, les kilomètres derrière.

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