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Le blog voyage by Chapka

La Happiness Road : un tour du monde en famille en période de Covid

A 38 ans, Elodie et Xavier ont décidé d’offrir à leur famille une jolie parenthèse autour du monde. La Normande et le Basque vivaient paisiblement du côté de Rochefort en Charente-Maritime avec leurs deux enfants, Iloa et Noam, respectivement 8 et 4 ans. Ils ont pris une année sabbatique pour partir en tour du monde.

Côté voyage, Elodie et Xavier n’en sont pas à leur coup d’essai. Avant ce tour du monde, ils avaient visité des destinations exotiques : la République Dominicaine, Bali, Lombok, le Maroc, le Kenya, la Réunion, la Turquie, le Mexique, NY, Madagascar…ils ont même vécu un an à Mayotte. Bref, ils ont toujours eu la bougeotte !

La famille « La Happiness Road » au peigne fin :

  • Xavier, 38 ans, conseiller clientèle dans une banque en année sabbatique. Calme et optimiste, il aime « toucher à tout » et découvrir de nouvelles choses.
  • Elodie, 38 ans, commerciale auprès des entreprises, actuellement en disposition. Elle aime planifier et organiser afin de profiter sans trop de mauvaises surprises.
  • Iloa, 8 ans, en classe de CE2. Elle cherche à tout savoir un peu trop vite, elle aime la nature et la mer
  • Nolan, 4 ans, en moyenne section de maternelle. Il aime observer avant de foncer, manger et marcher quand il l’a décidé.

Comment est venue l’idée de réaliser un tour du monde en famille ?

Ce voyage se prépare dans nos têtes depuis cinq ans environ. A la suite d’une période un peu morose, où la routine du quotidien nous lassait, on se laissait aller à imaginer nos prochaines vacances et surtout dans quel pays. Il y en a tellement que l’on aimerait découvrir…et pourquoi pas le faire ? D’une liste de pays croisée, on a défini des priorités sur nos envies communes. A partir de là, commence les premières recherches : combien cela peut-il nous coûter ? Combien de temps pouvons-nous partir ? comment faire auprès de nos employeurs et de l’école des enfants ? Quand partir ? Ces grandes questions aboutissent sur plein de ramifications.

Pour voyager comme nous l’entendons, c’est-à-dire en famille avec des enfants en bas âge, nous éliminons tout ce qui est trek en toile de tente, mais aussi tout ce qui est hôtels 5 étoiles ! Pour rassembler le budget nécessaire, il nous faudra au minimum 3 ans en mettant nos primes de côté et en limitant les sorties. Tout ça semble donc réalisable, et plus on en parle, plus on se renseigne et plus on a envie de franchir ce pas.

Beaucoup de gens aimeraient faire un tel break, mais seulement une poignée se donne les moyens de le faire. Ça fait peur, on se pose de nombreuses questions, mais souvent les mauvaises : comment on fera en rentrant ? Est-ce que nous aurons assez d’économie ? Et les enfants, ils suivront ? et si on est malades ou blessés, etc. Il y a des réponses et des solutions à chacune de ces questions. Les bonnes questions seraient plutôt : Qu’est-ce que l’on a à perdre en partant ? Est-ce que cela va nous rendre heureux ? Est-ce que rester dans sa zone de confort est une solution ?

Est-ce vous avez songé à ne pas partir à cause de la pandémie de Covid ?

Notre départ était initialement prévu en Juin 2020. Notre tour du monde était bouclé sur le papier, nos employeurs avertis, les réservations de certains vols et de certains logements faits. Les enfants auraient été déscolarisés sur une année scolaire entière… Tout était aussi calé en fonction des saisons dans chaque région du monde traversée. La Covid-19 et la pandémie, étaient quant à elles, imprévisibles.

Cela nous a forcé à revoir nos plans et surtout différer notre départ. Mais quand partir ? Personne n’était en mesure de répondre à cette question, les pays du monde entier appliquaient chacun de leur côté les règles et mesures qu’ils jugeaient le mieux pour leur population et leur économie. Alors report de combien de temps…3 mois, 6 mois, 1 an ?

Nous avons décidé de partir en octobre, et de commencer par la Polynésie. Cette étape aurait dû être une sorte de « vacances » durant notre voyage qui commençait initialement par l’Amérique du sud, centrale et USA. Des frais de réservations et l’impossibilité de se faire rembourser nos billets nous ont décidé à partir vers Tahiti.

Bref, on ne se voyait donc pas ne pas partir, surtout après ces heures de travail effectuées. Rien que le report fut difficile à avaler. Au niveau du travail, les employeurs avaient pris leur disposition aussi, et enfin, pour notre logement que nous quittions, tout était réglé. Il a fallu tout réajuster, avec nos emplois, nos biens.

Est-ce que vous avez réussi à définir un itinéraire pour votre tour du monde ? Y a-t-il des pays que vous vouliez absolument découvrir mais qui sont finalement inaccessibles à cause du Covid ?

Après notre départ, on s’est vite rendu compte qu’il était impossible de tenir notre itinéraire. On tenait absolument à découvrir la Nouvelle Zélande puis rendre visite à un ami en Nouvelle Calédonie. Malheureusement pour nous, aucune chance ni possibilité de rejoindre ces îles qui ont fermé rapidement leurs frontières et ont appliqué une politique stricte de protectionnisme. Donc notre planning tombé à l’eau, ce sera en fonction des ouvertures de chaque pays. Depuis la Polynésie ce sont les USA et Hawaï. Ce sera donc comme cela à chaque nouvelle destination : où pouvons-nous aller et comment ? Les rencontres et échanges sur les réseaux sociaux avec d’autres familles en tour du monde nous a beaucoup aidé. On s’est très souvent croisés, nous retrouvant tous dans les mêmes coins. En effet l’Asie étant très difficile, voire impossible d’accès, tout le monde part en direction de l’Amérique centrale. Il y aura certainement des destinations imprévues et donc des pays surprises. C’est peut-être mieux ainsi, se laisser la liberté et bouger au gré non pas que des envies, mais aussi des possibilités. Cela laisse une part d’aventure, c’est aussi ça le voyage.

Vous avez commencé votre voyage par la Polynésie Française en octobre 2020 pendant que l’Hexagone se reconfinait.

Que nous avons bien fait de partir ! Surtout avec ce recul. En effet plus d’un an après l’apparition de la Covid-19, rien n’est réglé et beaucoup de pays sont encore confinés ou bien ont en place des mesures drastiques comme la fermeture des bars et restaurants par exemple. La Polynésie est un véritable bijou. La saison des pluies n’étant pas encore arrivée, nous avons pu profiter pleinement des îles de la Société : Tahiti, Moorea, Bora Bora et Maupiti. C’est sûr que nous avons fait beaucoup d’envieux. On a profité pour nous et pour eux du coup. Mais ces îles ont aussi un coût et nous ne pouvons pas nous éterniser pour ne pas trop amputer le budget. C’est aussi et finalement un bon départ d’un long voyage, car il n’y a pas la barrière de la langue. Nous sommes dépaysés mais pas perdus. Les infrastructures et l’accueil des touristes sont bons et cela permet de vite décompresser tout en pouvant travailler sur la suite du parcours.

Vous avez enchaîné avec les USA.

Les USA étaient la porte d’entrée sur les Amériques. Nous avons opté pour visiter l’Ouest américain et les grands parcs nationaux. Une boucle d’un mois partant de Los Angeles en Californie. Nous avons traversé différents états : Arizona, Utah et le Colorado. Les parcs sont tout simplement grandioses. Nous avons pu tous les visiter excepté Antelop fermé par les Navajos durant la période Covid. Ici tout est grand, les routes, les monuments et les parcs. Conditions idéales pour les visiter car après la saison d’été et donc peu de touristes. Une sensation de liberté nous prend quand nous découvrons le Grand Canyon, on a envie d’escalader chaque roche de Joshua tree, de se prendre pour des cowboys à Monument et Arche Valley. Notre coup de cœur revient à Bryce Canyon et ses formations en cheminées autour de falaises gigantesques. Bien que ce soit le parc où nous ayons eu le plus froid (autour de 0°c), le décor et les lumières sont magiques.

La découverte de Las Vegas et de ses casinos vaut vraiment le détour. Une ville excentrique où tout semble permis.

Palme d’or à San Francisco et son Golden bridge. Une ville dynamique avec des quartiers typiques et très agréables. Sa baie, son pier avec les otaries, ses rues en pente, ses buildings, ses plages, et ses points de vues imprenables.

On retiendra que 1 mois était une durée un peu juste pour tout ce que l’on a visité. Le rythme était élevé, comme le nombre de kilomètres avalés. Nous étions au début de notre voyage, donc encore animés par cette farouche envie de tout voir. Maintenant on aime prendre un peu plus le temps.

Où avez-vous passé les fêtes de fin d’année 2020 ?

Nous avons passé les fêtes de fin d’année au Guatemala. Un pays qui n’était pas initialement prévu mais qui s’est avéré être une très belle surprise.

Le 24 décembre au soir dans une maison louée au bord du lac Atitlan en famille tous les 4. Après un bon repas cuisiné, le Père Noël ne nous a pas oublié et a su nous trouver. On a même acheté un petit sapin en plastique, quelques décorations et une crèche. Les enfants le souhaitaient et cela ajoute un peu de magie pour ce jour si particulier. Des petits cadeaux, pas trop lourds et facilement transportables, le père-noël a bien prévu. Les enfants sont heureux et donc les parents aussi.

Le 25 à midi, repas avec une autre famille française « tourdumondiste », les 8 pieds sur terre, avec viande et poisson au barbecue. Un régal partagé autour d’une grande table, qu’on ne quittera pas avant la fin d’après-midi.

Pour le réveillon du 31 Décembre, nous étions dans une auberge de jeunesse à Isla de Flores, toujours au Guatemala et tous les 4. Repas à l’auberge, pétards et mini feux d’artifice dans la cour avec les serveurs et les clients. On finira la soirée dans la chambre, tous installés sur le lit pour une séance de cinéma. Un dessin animé puis extinction des lumières, un peu avant minuit. La détonation des pétards et mortiers nous referons ouvrir l’œil, simplement pour se souhaiter une belle année et plein de bonnes choses, avant de nous rendormir.

Le réserve naturelle Semuc Champey au Guatemala

Quel pays d’Amérique latine avez-vous préféré pour le moment ?

Pour l’instant, à notre compteur, nous n’avons que le Guatemala et le Costa Rica. Nous vous écrivons depuis notre vol vers la Bolivie, donc pas encore visité mais nous avons hâte.

Nous mettrons notre vote du cœur pour le Guatemala. Plus « authentique », avec un véritable passif historique, des traditions et de somptueux et fascinants volcans.

L’ancienne citadelle maya Tikam

Cela n’enlève en rien la beauté du Costa Rica, de ses plages et surtout de sa faune et sa flore. Mais c’est un pays plus « facile », tout le monde parle anglais et espagnol, les hôtels et restaurants ont un certain standing, c’est…plus touristique. Pas de belles villes en soit, tout est tourné vers sa biodiversité, et tout est payant.

Donc : Guatemala ! Mais on a beaucoup d’attente sur la Bolivie et on espère que nous serons comblés.

Est-ce facile de voyager avec des enfants ?

Le voyage avec les enfants est en effet facile. Il y a quelques contraintes tout de même comme certaines activités pour lesquelles ils sont trop petits comme le jet ski, balade en quad, rafting par exemple et certaines randonnées trop longues ou difficiles comme l’ascension de certains volcans, ou bien des treks sur plusieurs jours. Mais sinon tout le reste est accessible.

Les randonnées, le surf, la tyrolienne, promenade à cheval, grottes, kayak… ils participent à tout, et souvent nous étonnent. Ils sont plein d’énergie et récupèrent très vite, même s’ il a fallu porter de temps en temps Nolan pour finir le trajet, ou bien les réveiller quand on part de bonne heure ou que l’on arrive tard. En France, avant notre départ on pouvait passer plus de 30 minutes à les endormir, ici, depuis que nous sommes partis, ils doivent mettre 5 minutes avant de dormir profondément. La magie du voyage.

Comment assurez-vous leur scolarisation ?

Concernant l’école, nous avons gardé contact avec leurs maîtresses. Elodie a longuement échangé avec elles avant notre départ, et a préparé des cahiers avec des leçons et des exercices. La maîtresse d’Iloa nous transmet par mail les poésies, les mots pour la dictée et les évaluations. Le tout est complété par des applications d’apprentissage sur tablette : apprentissage à la lecture et à compter par exemple pour Nolan.

Les enfants ont aussi un carnet de voyage, d’expression libre afin de dessiner et raconter leurs aventures. On essaye de faire 2h de devoir par jour, mais c’est difficile de tenir ce rythme selon les journées de transports ou bien d’activités. Généralement ils travaillent quand nous sommes installés à l’hôtel plusieurs jours. Ensuite la lecture et la révision des tables de multiplication par exemple peuvent se faire durant les trajets en voiture. Quelques compléments nous aident comme les fiches des « incollables » ou bien les émissions « c’est pas sorcier ».

Les enfants s’adaptent très bien. Parfois la maison et leurs copains leur manquent, mais on essaye de garder un lien avec eux via des groupes Whatsapp. Et puis nous rencontrons d’autres familles en tour du monde, avec des enfants ce qui permet de passer un peu de temps ensemble.

Quelles recettes du monde ont-ils adoré jusqu’à présent ?

Ils s’adaptent à tout, même aux plats typiques. Evidemment on trouve du poulet et du riz partout, mais on essaye de les faire goûter à des spécialités locales. Ce n’est pas toujours un succès ! A Tahiti le poisson cru au lait de coco a fait l’unanimité, plus que les ceviches du Costa Rica. Les tortillas et quesadillas remportent toujours du succès. Au Guatemala les frijoles, les haricots rouges sont légion : on les mange à chaque repas et sous toutes les formes : en purée, en salades, cuits en accompagnement. Bien que pas mauvais, on en fait vite une overdose. Aux USA, on a surtout redécouvert la « junk food » : burger, pizzas, nuggets, tacos…La palme reviendra finalement aux délicieux fruits : coco, ananas, mangues et des avocats exquis. On renoue avec la véritable saveur de ces mets.

Avez-vous eu des galères de voyage, à cause ou non du Covid ?

Nous avons eu 2 grosses galères, qui se sont bien finies heureusement.

La 1ère aux Etats-unis à Joshua Tree. Notre voiture de location est tombée en panne dans un coin du parc où il n’y a pas de réseau téléphonique (alors que l’on en trouve absolument partout dans le pays). Batterie morte, impossible de redémarrer et la nuit qui tombe. Seuls 2 véhicules sont encore présents sur le parking : des jeunes qui ont essayé de nous faire redémarrer avec des pinces mais en vain. L’autre véhicule, un van aménagé. Ce couple de personne a bien voulu nous embarquer à l’arrière avec notre barda pour nous conduire jusqu’à notre motel à 45 min. de là. Nous passerons toute la journée du lendemain pour nous faire dépanner, Elodie et les enfants attendant au motel, Xavier attendant sur place. La dépanneuse ne nous a pas trouvé la première fois, c’est seulement en fin d’après-midi qu’ils ont pu repasser. La voiture redémarre, mais il ne faut pas couper le moteur : en route pour récupérer femme et enfants dans un sens, repartir en arrière sur plus de 100 kms pour changer de véhicules et enfin repartir dans l’autre sens pour rejoindre notre prochaine étape au grand Canyon à 5h de route. On a fini par arriver à plus de 1h du matin !

2ème galère au Guatemala : suite à un effondrement de la route, bifurcation sur une piste de fortune aménagée. Nous avons une berline automatique, pas du tout adaptée pour ce genre de route, mais unique moyen de rejoindre notre destination. Pour couronner le tout, il a beaucoup plu la veille, et la terre est devenue de la glaise. Des ornières faites après le passage des camions, ça glisse, ça tape mais ça avance doucement. Bloqués ensuite car un camion est enlisé dans une côte, nous ne savons pas combien de temps nous allons rester là et, est-ce que nous arriverons à franchir cet obstacle. Les enfants et Elodie descendent afin de monter à pied, dans la boue, et Xavier pilote : le moteur vrombit, les pneus dérapent, mais ça finit par monter. Ouf, tout le monde applaudit.

Bref, beaucoup de galères en voiture.

A cause du Covid, on a eu des bus qui ne circulent pas, les parcs d’attraction américains fermés, rien de dérangeant. Au contraire les sites sont moins fréquentés ce qui permet davantage de profiter. On nous prend la température et on se lave les mains devant chaque bar, restaurant, supermarché, on porte le masque en public, mais rien de contraignant. Seuls hics, les complications pour voyager entre pays, le prix prohibitifs des tests, les formalités administratives (questionnaire santé, attestation sur l’honneur, assurance obligatoire).

C’est quoi la suite du programme ?

On ne sait pas trop, c’est tellement compliqué. Normalement après la Bolivie, le Pérou, mais seulement si le site du Machu Picchu a rouvert. Sinon on espère pouvoir rejoindre l’Asie du sud-est, peut-être par la Thaïlande en espérant qu’ils allègent leurs conditions d’entrée qui sont à ce jour, bien lourdes. Sinon on hésite encore : Basse-Californie, Nicaragua ou bien si réouverture, Argentine et Chili… bref tout est possible mais difficile de prévoir avec la Covid qui complique notre voyage.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Souhaitez-nous de continuer comme nous avons commencé, en bonne santé. De découvrir encore plein de nouveaux lieux, de faire plein de nouvelles rencontres et si vous pouvez, ouvrez-nous les frontières du monde !

Vous découvrez, on vous assure !

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