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Le blog voyage by Chapka

Une balade en auto-stop à travers l’Iran

Clément, reporter photographe, est allé se mesurer à la désormais légendaire hospitalité iranienne. Une chose est certaine, il n’a pas été déçu. À peine avait-il le pouce levé sur le bord de la route qu’il était pris en auto-stop. Parfois, il était même invité à partager un repas ou à dormir chez l’habitant. Clément revient de son voyage en Iran avec plein de souvenirs et beaucoup d’amis. Il nous raconte cette expérience passionnante.

Quelle est la particularité de l’Iran ?

Des quinze pays que j’ai traversé pendant mon voyage, l’Iran est peut être celui que j’ai préféré. Ce qui le rend si spécial, ce sont les gens qui l’habitent. Ceux que j’ai rencontré ont toujours été d’une gentillesse incroyable, dans les villes comme dans les campagnes. J‘ai été touché par toute les attentions, l’intérêt et l’hospitalité dont les Iraniens font preuve à l’égard des voyageurs. Malgré leur sentiment d’être coupés du monde, j’ai croisé beaucoup d’anglophones. La communication a été facile et même intense parce que j’ai eu le plaisir de rencontrer des gens très curieux, ouverts d’esprit et cultivés, qui se sont aussi révélés être des guides hors pairs et des compagnons de voyage inoubliables pour certains. On pourrait aussi parler de la musique, de la gastronomie ou de l’architecture.

A la rencontre des Iraniens

A la rencontre des Iraniens ©Clément Osé

Quel itinéraire faire en Iran ?

Au départ, je ne prévoyais de rester qu’un mois mais j’ai finalement décidé de prolonger mon visa d’un mois supplémentaire. Je suis arrivé d’Azerbaïdjan directement à Téhéran où je n’ai pas trop traîné, deux jours pour me faire une idée. La ville en tant que telle ne mérite pas forcément beaucoup plus.

J’ai ensuite filé sur Isfahan et la petite ville de Najafabad, à l’ouest, où j’ai fait une semaine de volontariat dans un café pour animer des groupes de discussions anglophones. Une super façon de rencontrer du monde.

A Isfahan, une bonne balade consiste à aller de la place Naqsh-e-Jahan jusqu’à la mosquée du vendredi par les galeries obscures et enchantées du bazar. Les parties historiques sont assez isolées au milieu d’une ville plutôt banale. De là, je suis allé à Izatkhass, un petit village à flanc de colline avec une ville et un château d’adobe splendides, puis à Persepolis et à Shiraz.

visiter le petit village d'Izatkhass en Iran

Le petit village d’Izatkhass ©Clément Osé

J’ai ensuite été dans un village de montagne à la périphérie de Shiraz, Ghalat, où j’ai passé quelques jours bien relaxants avant de continuer vers Bouchehr et la côte du golfe persique, assez industrielle avec beaucoup de raffineries mais pas inintéressante.

J’ai continué à longer le golfe jusqu’aux îles de Queshm et Hormoz, phénomènes naturels multicolores incroyables. Je suis ensuite remonté de Bandar Abbass à Kerman pour aller dans le désert de Kalout avec un ami Iranien rencontré sur la route. Nous avons campé au milieu des monticules de pierre et de sable sculptés par le vent, seuls au pays des merveilles.

J’ai ensuite passé quelques jours dans sa famille à Rafsanjan, capitale de la pistache, avant d’aller à Yazd et dans les environs, voir notamment la forteresse d’adobe de Karanaq. Yazd est à mon sens la plus intéressante des trois grandes villes sur l’itinéraire classique.

Je suis repassé une semaine à Téhéran pour revoir des amis Iraniens rencontrés sur le chemin et cette fois-ci, j’ai vraiment apprécié. J’ai enfin été à Gombad, dans une région très verte entre Téhéran et Mashaad, puis à Alamout voir l’imprenable et mythique forteresse d’Hassan Sabbah avant de partir vers Tabriz et la Turquie.

As-tu une anecdote qui a marqué ton séjour ?

Concernant l’accueil justement, je revenais de quatre jours en tente et alors que j’allais faire des photocopies dans la ville de Bandar Abbass, l’employé de la boutique qui parle très bien français m’invite à déjeuner. Après quelques coups de fil, il me propose de dormir chez un ami à lui le soir pour m’éviter une nuit d’hôtel. Quand j’arrive chez mon hôte improvisé et que je rentre dans la salle de bain pour me doucher, j’entends la voix d’Alain Souchon. Il avait installé des enceintes devant la porte et passait sa playlist de musiques françaises pour que je me sente chez moi.

dormir chez l'habitant en Iran

Un repas chez l’habitant ©Clément Osé

Comment voyager en Iran ?

Concernant les transports, il y a un très bon réseau de cars qui circulent régulièrement et qui sont très abordables. À la nuit tombée, les gares routières ferment mais il est possible de monter dans les bus aux postes de police situés à la sortie des agglomérations. J’ai pour ma part aussi voyagé en stop. Les Iraniens ne sont pas toujours familiers du concept mais étant serviables, ils acceptent très rapidement de vous prendre et se sentent ensuite souvent responsable de vous.

Parcourir l'Iran en auto-stop

On s’arrête et on prend la pause ! ©Clément Osé

Pour le reste, je conseille de voyager de petites localités en petites localités car elles ont souvent plus d’intérêt que les grandes villes. Il y a aussi beaucoup d’endroits naturels fabuleux qui peuvent constituer une alternative au circuit classique Isfahan-Shiraz-Yazd, les déserts notamment, mais aussi les montagnes du Kurdistan et l’ouest du pays. En Iran plus qu’ailleurs, il serait dommage de tout planifier à l’avance. Laissez de la place aux rencontres et aux invitations !

Quand partir en Iran ?

La diversité des environnements naturels en Iran permet d’y retrouver plusieurs saisons à tout moment de l’année. Par exemple, en hiver, on peut se rendre dans le sud où les températures sont très agréables. C’est le bon moment pour aller dans le désert ou pour se baigner dans le Golfe Persique. En été, c’est le nord et les régions montagneuses qui sont plus indiquées, le sud étant trop chaud. Beaucoup d’Iraniens m’ont recommandé de venir au printemps pour admirer la verdure. Enfin, une expérience intéressante peut consister à s’y rendre autour du 21 mars pour la fête de Novruz, le nouvel an perse.

Quand partir en Iran ?

De la neige en Iran – ©Clément Osé

Est-ce compliqué pour venir en Iran ?

Question formalités, pour les français, rien de sorcier. En janvier 2017, il fallait obtenir un numéro du Ministère de l’Immigration auprès d’une agence de voyage, sorte de lettre d’invitation qui prend quand même une dizaine de jours ouvrés à arriver. Ensuite, il faut se rendre dans un consulat iranien et attendre encore une semaine. Deux ou trois semaines de patience donc pour un coût entre 70 et 100 euros. Le visa est valable dans les trois mois à compter de la date d’émission et il est possible de le prolonger deux fois pour une durée d’un mois, cette démarche prend une matinée et peut être réalisée dans n’importe quelle grande ville iranienne. Il est également possible d’obtenir un visa à l’arrivée à l’aéroport mais celui-ci sera uniquement valable deux semaines, les extensions étant également de deux semaines.

Comment obtenir un visa pour l’Iran ?

L’Iran est une République Islamique. Qu’est-ce que cela change pour les voyageurs ?

Le changement principal concerne les voyageuses qui sont obligées de porter un voile (hijab) en public. Les autorités, aussi bien que les gens, sont susceptibles de le rappeler. Il existe même une « police du hijab ». Les femmes ont en général moins de libertés, bien que cela n’ait souvent pas de fondement religieux. Par exemple, les plus conservateurs considèrent qu’elles n’ont pas le droit de faire du vélo.

A Téhéran, les mœurs sont bien plus libérales et le hijab reste la seule règle. Il est souvent porté de manière très lâche, ne couvrant qu’une partie des cheveux. L’idée est globalement d’avoir quelque chose sur la tête. En tant qu’homme, j’ai été rappelé à l’ordre par un policier car je portais un short. Je n’ai jamais eu affaire à la police autrement.

L’Iran ne m’a pas donné l’impression d’être un Etat policier. L’Islam en Iran est tolérant, les gens sont ouverts aux autres confessions et il est même possible pour les voyageurs de dormir dans les mosquées en cas d’urgence. Enfin, le dernier changement notable est l’interdiction de consommer de l’alcool.

une iranienne portant le voile

Le hijab porté par une Iranienne – ©Clément Osé


Retrouvez les aventures de Clément sur son blog Baladographe. N’hésitez pas à relire aussi son portrait sur le blog Chapka et son expérience d’auto-stoppeur en Europe. Enfin, puisqu’on a bien besoin de s’évader davantage, Clément nous a livré des anecdotes pittoresques sur la vie des nomades de Mongolie. Ça mérite le coup d’œil !

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