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Le blog voyage by Chapka

L’Ouganda, un pays prometteur pour les Backpackers

Un texte de Taïna Cluzeau

Oubliez les séjours de 15 jours, les gorilles, les 4×4 et les resorts de luxe, l’Ouganda est un pays à découvrir sac sur le dos au rythme des transports locaux et la main toujours prête à répondre aux signes amicaux des habitants. De retour sur les routes après le pic de l’épidémie de Covid, je vous raconte comment l’Ouganda a dépassé toutes mes attentes.

Depuis 2018, j’ai quitté ma routine quotidienne pour voyager en Afrique tout en travaillant comme journaliste scientifique freelance et en collaborant avec des scientifiques pour monter des expos scientifiques. Vous pouvez retrouver mes projets sur le site Le voyage de Taïna et sur Instagram. Après des mois déprimants de retour forcé dans une France confinée, je suis finalement repartie sur les routes. Sur un coup de tête, et le conseil de plusieurs amis, j’ai atterri en Ouganda. 

Contrairement à mon habitude, je n’avais RIEN préparé. Par manque de temps, j’avais juste réservé une première nuit en B&B, pas loin de l’aéroport d’Entebbe. J’avais retenu de mes quelques lectures qu’il était facile de rouler en 4×4 sur les routes, que je ne pouvais échapper aux motos-taxis, qu’il y avait pléthore de safaris et de gorilles à observer, que le ticket d’entrée coûtait un bras…

Je suis restée trois mois en Ouganda. Au moment où j’écris ce texte, ça ne fait que quelques jours que j’ai quitté le pays et il me manque déjà. 

Les Ougandais sont tous anglophones

Première particularité qui rend la vie du voyageur si facile… Tout le monde parle anglais. Il y a bien une quarantaine de dialectes locaux : Luganda, Swahili, Runyankore, Ngakarimajong, Ateso… D’ailleurs, ils sont si nombreux que lors de mon voyage, j’avais beau apprendre à dire bonjour un jour, le lendemain après avoir bougé de 100 km, il fallait tout recommencer. Mais l’avantage, c’est que les Ougandais eux-mêmes, pour se comprendre d’une tribu à l’autre, communiquent en anglais. Même dans les villages, même le pêcheur au milieu du lac, même les anciens autour du feu. 

Du coup, il est non seulement très facile de se faire comprendre et d’obtenir des informations mais aussi possible d’avoir de vraies conversations approfondies sur tous les sujets. C’est sans prix pour comprendre les cultures du pays. Les panneaux aussi sont en anglais. Comme la télé, les papiers administratifs, le menu pour recréditer son téléphone, les journaux ou le menu au restaurant ! 

Se lier d’amitié avec les Ougandais

S’il est possible d’avoir de longues conversations avec les Ougandais, c’est aussi parce qu’ils sont très accessibles. Ils sont très sociables et particulièrement accueillants MAIS il faut d’abord briser la glace pour s’en rendre-compte. Les habitants ont un profond respect pour l’espace personnel. Si vous vaquez à vos occupations ou même que vous attendez quelque part, personne ne va venir vous déranger. Au plus, on va vous dire bonjour, ou vous entendrez “Musungu !” (le voyageur !) mais personne ne va venir se planter devant vous et entamer une conversation que vous n’avez pas forcément envie d’avoir. 

Ok, parfois dans les villages, enfants et même certains adultes peuvent se planter à quelques mètres de vous et vous regarder fixement, quasiment sans cligner des yeux. Ce n’est pas très poli. Un Ougandais ne laisserait pas un compatriote le fixer comme ça. Mais, il suffit de faire un signe de la main ou de saluer la personne pour qu’elle vous rende le salut et reprenne sa vie normale.

Les premiers jours en Ouganda, j’étais perplexe. Après l’Egypte où tout le monde vous aborde, se mêle de vos affaires et vous fait des blagues dès les premiers mots échangés, j’avais l’impression que les Ougandais ne m’aimaient pas… C’est puéril mais quand je leur adressais la parole, ils ne souriaient pas, me parlaient doucement, ne me regardaient pas dans les yeux… Heureusement, j’ai vite compris qu’il suffisait que je souris, les remercie chaleureusement et persévère dans la discussion pour voir rapidement apparaître un timide puis franc sourire de leur côté aussi. Une fois cette étape passée, c’est bon, vous êtes amis. J’ai passé des journées incroyables avec des personnes à peine rencontrées qui m’ont inclue dans leur groupe d’amis comme si j’y avais toujours eu ma place.

Le tourisme de luxe dénature les relations humaines

C’est mon point de vue, je pense que la plupart des touristes blancs en Ouganda ne se comportent pas de façon très sympathique avec la population. Ils roulent dans leur 4×4, en sorte pour entrer dans leur resort, restent rarement plus de quelques minutes sur site, négocient tout ou exigent n’importe quoi parce qu’ils ont de l’argent. Ils considèrent peu leurs hôtes, rarement comme des égaux, mais il faut les satisfaire parce qu’ils ont l’argent ou parce qu’on pense que les blancs doivent être bien traités, parfois mieux que les Ougandais eux-mêmes. Du coup, le premier contact est souvent plus celui d’une personne prête à servir que celle d’une amitié à venir. Bref, dès que vous même montrez du respect et de la fraternité, les Ougandais vous le rendent au centuple. Vous pouvez vous asseoir n’importe où et échanger avec n’importe qui. C’est comme ça que j’ai appris à décortiquer la canne à sucre avec mes dents ; à jouer aux cartes et à l’Omweso, un jeu traditionnel passionnant ; à dépecer un lapin (oui, oui) ; à lancer correctement un frisbee ; à laver enfin efficacement mon linge à la main…

En Ouganda, les transports locaux vous conduisent partout

Sur le net, je n’ai trouvé que des histoires de routards et de routardes qui louaient leur 4×4 pour pas très chers et faisaient le tour du pays sur les bonnes routes. Rien sur le stop ou les transports publics. C’est étonnant car j’ai découvert qu’il n’y avait rien de plus facile que de se déplacer dans ce pays. Je n’ai utilisé que 2 types de véhicules : les bodas-bodas, des motos-taxis pour les trajets de 45 min tout au plus. Ils sont tout à fait capable de vous transporter avec votre backpack qu’ils mettent à l’avant ou à l’arrière, c’est selon. C’est relativement bon marché. 1000-2000 shillings pour les trajets les plus courts (5 min) soit 25-50 cts jusqu’à 20 000 pour 45 min (5 euros). Et quelle sensation de liberté ! c’est mon transport préféré.

Ensuite pour les trajets plus longs ou sous la pluie, les taxis, les petits vans qui démarrent une fois rempli. Ils vont partout. On peut en intercepter n’importe où même s’il est toujours plus facile d’en choper un en cours de remplissage au taxi-parc. Compter 5000 shillings pour une demi-heure de trajet.

J’ai fait le tour du pays ainsi. Pour rien au monde, je n’aurais préféré conduire un 4×4 toute seule. Déjà, je me serais ennuyée. Et surtout, malgré le bon état des routes, le premier mois de mon arrivée, ce sont deux expatriées qui sont mortes dans des accidents alors qu’elles conduisaient. Pour résumer, les Ougandais ont un mode bien à eux de conduire. Pas toujours facile de s’adapter.

Des guest-house propres pour un budget limité

20 000 shillings, 5 euros, c’est ce que j’ai quasiment toujours payé pour dormir dans une chambre propre, avec moustiquaire et salle de bain intégrée. Comptez un petit supplément pour l’eau chaude quand il fait vraiment froid. Pas de Booking en Ouganda, les seuls hébergements que vous y trouverez sont hors de prix. Ma manière de procéder : j’arrive dans la ville, je demande au chauffeur du taxi ou aux personnes travaillant dans le taxi parc s’ils connaissent une Guest house propre pour 20 000. A chaque fois, on m’a accompagné dans des établissements nickels. 

Alors ok, parfois il n’y avait pas d’électricité ou d’eau courante. Plus d’une fois je me suis lavée à l’eau froide du jerrican. Mais c’est aussi ça l’authenticité du voyage. Expérimenter la vie locale. Et se rendre compte que tant qu’on a de l’eau (portée depuis le lac ou extrait de la pompe d’à-côté) et du bois pour faire le feu, on peut se laver et manger. C’est simple la vie en fait… Et quel luxe de ne pas avoir à porter soit même ses 20L d’eau ou le tronc d’arbre à débiter sur sa tête. Vos hôtes s’en charge évidemment. 

L’avantage de ces Guest house, c’est que vous y rencontrez les locaux bien sûr et que vous pouvez planifier votre voyage étape par étape en leur demandant conseil. 

La cuisine en Ouganda est succulente, bon marché et permet d’être vite rassasié

Généralement, il est possible d’avoir une grande assiette remplie de matoke (banane à cuire), de posho (purée de maïs), de pommes de terre, de citrouille, de patates douce… accompagnée de viande (poulet local tellement meilleur que le nôtre, bœuf, chèvre, poisson) ou de haricots pour 7000 shillings (1,5€) et je vous assure que vous allez avoir du mal à terminer votre assiette… Aussi, l’un des moyen le plus simple de se rassasier : manger quelque stick de Cassava (manioc) grillée pour 500 shillings… 

Bref la nourriture est bonne car cueillie ou attrapée dans le jardin et bon marché pour les quantités proposées. Autre snack qu’on trouve partout dans la rue : le rolex (roll of eggs), une omelette dans un chapati (pain indien), pour 1000 shillings (25 cts). Et pour les plus difficiles, ne vous inquiétez pas, il y a aussi des frites partout. Oh, j’allais oublier les avocats pour le petit déjeuner. Ils sont géants, coûtent 500 shillings pièce et seront les meilleurs avocats que vous aurez jamais mangés. Sans parler des fruits : ananas, papaye, fruit de la passion, mangue…

En trois mois à manger absolument n’importe où, j’ai été une seule fois légèrement malade… Donc on peut dire que c’est relativement safe pour des backpackers habitués à manger dans la rue. 

Il est impossible de s’ennuyer en Ouganda

Dernier point positif pour un voyage lent en sac au dos, la diversité des paysages. On ne s’ennuie jamais. Ce sont toujours de nouveaux panoramas à découvrir : jungles ; paysages de collines en terrasse ; montagne escarpées ; lacs nichés aux creux de cratères volcaniques ou parsemés de multiple petites îles ; lacs-océans parcourus de vagues ; villes qui fourmillent ; villages pastoraux ; rivières tumultueuses, savanes ; rocs gigantesques au milieu de la plaine aride, grottes ; cours d’eau asséchés ; et des cascades partout à n’en plus finir. 

C’est simple, c’est un des voyages que j’ai le plus apprécié. 

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