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Le blog voyage by Chapka

L’Eurasie en camping-car et en famille !

Aurélie et Yoan ont décidé d’emmener leurs enfants voyager en camping-car à travers l’Europe et l’Asie. Dans leur véhicule, il y a Léane, 8 huit (CE2), Lilou, 6 ans (CP) et enfin Evan qui est en grande section de maternelle. Avant de partir dans ce road-trip familial, ils avaient déjà pas mal baroudé, même s’ils n’avaient de leur propre aveu jamais mis les pieds dans un camping-car. Ils ont notamment vécu deux ans en Guyane, où sont nés les deux derniers.

Ils racontent leurs aventures dans cet interview et également sur leur blog Un Instant de Vie. #vanlife

Pourquoi ce choix de partir en camping-car en famille ?

L’idée de ce projet vient d’une prise de conscience. En effet, mon métier ne me permet pas de passer beaucoup de temps en famille, par contre il me permet de pleinement m’épanouir en voyageant beaucoup et en vivant de nombreuses expériences. Le projet vient de la frustration, voyant les enfants grandir, de se dire que je m’épanouis plus professionnellement que familialement. Il était donc temps de vivre quelque chose de fort familialement, une référence familiale pour la suite, quelque chose qui viendrait renforcer et souder les simples liens familiaux de père mère frère et sœur.

Dans notre esprit le voyage est venu naturellement. Il fallait impérativement qu’on se coupe de tout le confort quotidien, de notre mode de consommation de notre petite vie normale, pour se recentrer sur l’essentiel, la famille, autour d’une expérience de vie : le voyage. Une fois cela acté et il a fallu trouver le cadre à tout cela, et le camping-car en est la réponse idéale, il répond déjà favorablement à nos critères financiers limités, il offre un confort sommaire mais efficace, une nécessité de vie en famille (dur de vivre chacun de son côté dans 6 mètres carrés) et une liberté au regard du voyage.

Rien que le fait de penser à ce projet, cela a créé une émulation familiale, nous nous sommes donc mis à fond dedans, dans les préparatifs, afin de tout faire pour le rendre réalisable, en commençant par poser une demande de congé pour convenance personnelle de un an auprès de mon employeur.

Comment avez-vous défini l’itinéraire ?

Pour définir l’itinéraire de notre voyage, nous nous sommes basés sur deux critères essentiels qui sont le temps et l’argent. Notre budget ne nous permet pas d’utiliser la voie maritime avec notre véhicule et nécessite donc de passer exclusivement par la voie terrestre ce qui nous limite et restreint l’espace à l’Asie. À partir de cela, nous avons défini un itinéraire sur le continent fonction du climat que nous allions croiser. Il nous fallait éviter les grands froids mais aussi les périodes de mousson en Asie du Sud-est, tout en composant avec le passage guidé et groupé obligatoire en Chine. Nous nous sommes pour cela, aussi largement inspiré d’autres familles voyageuses qui ont relaté leurs expériences sur la toile. Nous avons également dû jongler avec les spécificités administratives de chaque pays, le rythme que nous voulons associer à notre voyage, et les contextes géopolitiques de certains pays. À la fin, il en ressort un itinéraire, rythmé, cadencé et détaillé qu’il nous reste plus qu’à exploiter.

Jusqu’à maintenant nous avons respecté cet une itinéraire à la lettre, excepté pour le Vietnam que nous avons supprimé de notre itinéraire pour nous permettre de ralentir le rythme et nous affranchir des démarches administratives lourdes et coûteuses qu’entraînent malheureusement l’entrée dans le pays.

Comment vous organisez-vous pour la scolarisation de vos trois enfants ?

Nous avons déscolarisé les enfants pendant un ans et avons choisi de faire l’école par nous-même sans nous appuyer sur divers supports coûteux et indigestes issus du CNED ou autres organismes. Pour cela il a fallu un gros travail avant de partir afin de rassembler tous les éléments nécessaires à l’éducation scolaire des enfants. Pour cela, nous nous sommes renseignés auprès de blogs dédiés mais aussi auprès d’instituteurs, afin de définir la meilleure méthode de travail, convenant au mieux à notre projet et à nos enfants.

Les deux petits doivent apprendre à lire et à écrire, c’est la priorité de notre voyage, et Léane doit perfectionner son apprentissage de la lecture et de l’écriture ainsi qu’attaquer tout ce qui est multiplications et divisions. Nous avons choisi des supports efficaces pour cela, mais aussi ludiques et variés, afin d’essayer de les rendre au maximum autonomes dans leur démarche d’apprentissage, ce qui était pour nous la priorité c’est-à-dire, aimer apprendre sans s’en rendre compte. Cela reste quelque chose de difficile malgré tout, nous essayons de travailler tous les matins, mais nous n’entrons pas dans une psychose, considérant que nos enfants ont la plus belle salle de cours qui soit : le monde.

Quels sont les spots les plus incroyables où vous avez dormi en camping-car ?

Le camping-car nous offre la possibilité de nous approcher au plus près de la réalité, en sortant des sentiers touristiques, nous rapprochant des contrées plus sauvages qui sont, bien entendu, les plus intéressantes. De temps en temps il nous permet également de pouvoir nous installer sur des spots magnifiques. Ils sont nombreux depuis six mois que nous sommes sur la route mais si nous devons en retenir que quelques-uns, il y aurait celui en Cappadoce en haut d’un python rocheux au milieu de ses paysages atypiques et de ses montgolfières au petit matin, celui sur la plage de Patara également en Turquie, sur un lac salé en Iran, dans l’ancien caravansérail de Merv au Turkménistan, le long des rivières dans l’Altaï en Russie ou encore dans le désert en Mongolie. C’est le terrain et la nature qui décide si elle veut ou non nous accueillir à tel ou tel endroit, mais sans avoir de paysages atypiques ou exceptionnels, juste le fait de s’installer en pleine nature, en famille, en camping-car est déjà un moment exceptionnel, aux antipodes de notre vie d’avant, une vie simple au grand air !

Bivouac partagé dans le désert de Gobi.

Dans quel pays l’accueil a-t-il été le meilleur ?

Le pays où l’accueil a été le meilleur est l’Iran. Nous avons été frappés par l’hospitalité des Iraniens. Bien loin des clichés que nous ne pouvons avoir en France, les Iraniens sont des gens adorables, paisibles et dotés d’un vrai sens de la famille. Nous avons énormément d’anecdotes à raconter, mais allons nous limiter à trois pour illustrer nos propos.

Le premier fut le jour de notre entrée dans le pays, nous étions un peu perdu pour trouver une puce de téléphone. Nous nous sommes arrêtés au hasard devant une épicerie, nous avons expliqué par des gestes notre problème, le monsieur a pris le problème à bras-le-corps, un coup de téléphone, nous nous sommes retrouvés à 10 dans la boutique, tout le monde était souriant, le résultat à la fin et que nous avions rien compris, mais avions une puce téléphonique avec du crédit internet, des sacs de fruits et de légumes et des bonbons pour les enfants, le tout sans avoir rien payé, avec pour seule conclusion un « Welcome to Iran ». Nous sommes repartis dans notre camping-car en se regardant avec Aurélie et en se demandant qu’est-ce qui venait de se passer.

La deuxième anecdote, nous étions à Kashan, une ville au centre de l’Iran. Nous venions de nous garer sur le parking du centre-ville quand une famille vient nous dire bonjour, nous échangeons longuement puis ils nous proposent de venir partager le repas chez eux. Nous acceptons l’invitation avec plaisir, résultat des courses, nous avons passé trois jours avec eux, ils nous ont gâtés, les enfants étaient de véritables petits princes, ils nous ont fait visiter la région, découvrir leurs spécialités tant culinaires qu’artisanales, ils étaient ravis de nous parler de leur pays mais également de nous écouter parler du nôtre. Nous avons complètement lâché prise concernant nos méfiances et nos arrière-pensées, pour complètement nous libérer et profiter pleinement de ces moments partagés avec cette charmante famille iranienne.

eurasie en camping-car

Et enfin la dernière anecdote, nous étions dans le sud de l’Iran nous nous sommes installés en bivouac sauvage à côté d’un petit verger, un homme est rapidement venu à notre rencontre. Il nous a, pendant une heure, expliqué et fait goûter tout ce qui était planté dans le verger, et nous a dit qu’il revenait. À la tombée de la nuit nous le voyons revenir en voiture, il ouvre son coffre et en sort des fruits des glaçons du pain et de l’eau qu’il nous offre gentiment, il me tend aussi son téléphone avec, au bout du fil, une personne parlant en anglais et nous expliquant que nous étions sur le verger de cet homme, qu’il était ravi de nous accueillir sur ses terres et que s’il y avait besoin de quoi que ce soit il ne fallait pas hésiter à appeler à ce numéro et que demain nous étions les bienvenus dans son village. Nous acceptons gentiment son hospitalité et nous lui proposons de partager avec nous ce qu’il nous avait amené, celui-ci refuse poliment nous disant qu’il ne voulais pas nous gêner et nous souhaite une bonne soirée. Nous laissant tout simplement sur le cul.

Tout au long de notre traversée de l’Iran nous n’avons eu que des signes amicaux, des coucous en voiture, des grands sourires à notre passage les enfants systématiquement étaient couverts de cadeaux ou de friandises, nous avons gardé de très bons contacts avec les familles qui nous ont accueilli et nous savons que ce passage en Iran n’est que le début de notre relation avec ce pays. 

Vous avez notamment parcouru le Turkménistan, un pays méconnu…

C’est un pays méconnu et qui le cultive, au travers les démarches et les formalités administratives qu’il est nécessaire d’effectuer pour pouvoir entrer au Turkménistan. Pour un visa de transit de 5 jours, il nous en a coûté la somme de 500 dollars, 250 de visa et 250 de taxes douanières complètement aberrantes mais officielles, ah ! Les joies de la dictature, pas de quoi motiver le tourisme. Nous n’avons pas traîné dans ce pays nous y avons est passé en tout et pour tout 3 jours, mais nous avons vu deux choses qui ont retenu notre attention. La capitale Achgabat est une ville impressionnante centre de la mégalomanie du pouvoir. Elle est constituée d’énormes bâtiments en marbre blanc immaculés, alignés à la perfection, bordant de larges avenues rutilantes, où toutes les voitures sont claires et propres et tous les gens habillés presque identiquement ! On dénotait avec notre gros camping-car poussiéreux et bariolé ainsi qu’avec notre joyeuse bande délurée !

Ensuite il y a le site de Merv qui est un ancien Caravansérail sur la route de la soie, le plus grand d’ailleurs. Il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO mais ne dispose d’aucune mesure de protection, on peut se balader allègrement dedans en voiture ou à pied, se garer à côté d’ancienne forteresse, nous y avons d’ailleurs passer la nuit, sur cette terre chargée d’histoire et de culture, rendant du plus bel effet. Sinon, outre ses particularités politiques, nous n’avons eu aucun problème que ce soit avec les forces de l’ordre ou la population, au contraire nous avons été plutôt bien accueilli, et à part pour notre portefeuille à l’entrée, le reste de notre transit s’est très bien passé.

Avez-vous eu des pépins avec le camping-car ?

Malgré tous nos efforts en vue de débusquer le camping-car idéal pour notre projet, ainsi que tous les travaux que nous avons fait en amont, nous savions que nous n’allons pas rouler pendant un ans sans avoir d’ennuis mécaniques avec le véhicule. Malgré tout, sur ces 6 premiers mois et les 35 000 kilomètres parcourus, nous sommes plutôt satisfaits du comportement du camping-car, le seul problème a été par deux fois un problème d’embrayage.

La première fois après un ensablement en Iran, nous nous sommes rendu compte que l’embrayage était fatigué, qu’il patinait dès qu’on accélérait trop fort et qu’il avait du mal dans les montées. Nous avons quand même roulé plus de 5000 km jusqu’au Kazakhstan à Almaty afin de trouver un garage spécialiste Ford Transit et ainsi pouvoir changer l’embrayage.

La seconde fois ce fut au Laos où là, nous sommes tombés en panne dans la brousse, sans pouvoir ni avancer ni reculer, nous avions des amis dans le coin qui ont pu alerter un garagiste. ils sont venus nous dépanner, le problème venant ce coup-ci du volant moteur. Il n’y a pas de pièces Ford au Laos mais nous sommes tombés sur une super équipe, notamment un ancien qui était mécano pendant la guerre au Vietnam, et qui nous a fait une réparation maison, il nous a assurés que c’était plus costaud que la pièce d’origine ! Nous avons pu repartir sans problème en ayant passé un super moment avec la famille du garagiste.

À chaque fois tout s’est très bien passé, et nous a permis de faire de belles rencontres. D’un point de vue mécanique, dans ces pays, ils savent vraiment ce qu’ils font, et en plus ça ne coûte pas grand-chose, nous avons payé 300 dollars pour le changement de l’embrayage au Kazakhstan et 150 dollars pour le dépannage et la réfection de la pièce défectueuse au Laos. Nous sommes psychologiquement prêts à affronter toutes autres défaillances que pourrait avoir notre véhicule, il fait parti de la famille, a son caractère, il a le droit d’avoir des faiblesses de temps à autre (pas trop quand même !)

Enlisement en Mongolie.

Avez-vous rencontré d’autres familles sur la route ?

Nous ne sommes pas seul sur la route. Cela a commencé le premier jour de notre voyage en Turquie sur une aire de stationnement en plein centre d’Istanbul, nous rencontrons un jeune couple français qui est installé avec leur vieux van aménagé, nous avons partagé une belle soirée ensemble, bien arrosée. Un couple d’allemand nous a également rejoint.

Tout au long de notre voyage nous avons rencontré des voyageurs, qu’ils soient à pied, à vélo ou en camping-car, nous avons traversé la Chine avec sept autres familles, nous étions 15 adultes pour 16 enfants. Une rencontre qui nous a marqués également, en Mongolie, nous avons été rejoint sur un bivouac par une sexagénaire québécoise, seule à vélo, Jeannette, qui racontait avec une belle joie de vivre son périple à vélo, elle avait installé sa tente à côté de notre camping-car, nous avons eu une tempête énorme durant la nuit, mais nous l’avons retrouvé le lendemain matin tout sourire en disant tout simplement qu’il faudrait vraiment qu’elle change de tente.

Plein de belles rencontres sur la route. Encore récemment au Cambodge, nous retrouvons un petit mot sur notre camping-car nous invitant à prendre contact avec un couple de retraités Français, s’en est suivi une belle après midi d’échanges sur la plage.

Bivouac partagé en Mongolie.

C’est quoi la suite du programme ?

Nous sommes actuellement sur les côtés sud du Cambodge, nous allons passer en Thaïlande dans les prochains jours, où nous pensons passer deux mois. Ensuite nous allons doucement prendre le chemin de l’ouest et de l’Europe avec encore de belles destinations comme l’Inde et le Népal mais aussi l’Iran que nous sommes ravis de retraverser et enfin la Turquie. Nous pensons passer la frontière française aux alentours du 1er avril 2020 afin que je puisse reprendre le travail au 1er mai*. Il nous reste encore bon nombres d’instants de vie à vivre en Famille, cela ne s’arrêtera pas à notre retour, bien au contraire, nous sommes d’ores et déjà prêt à vivre notre nouvelle vie fort de cette expérience.

*c’est férié !

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