Tout le monde vous raconte le réveil face à la mer sans avoir rien réservé la veille. Beaucoup moins de monde vous dit ce que ça coûte à la fin du mois.
Et ce n’est pas parce que c’est cher. C’est parce que le prix de la location ne représente que la moitié du budget. L’autre moitié, ce sont les péages, le gasoil, les nuits en camping et cette petite liste de suppléments qui apparaît juste après avoir validé la réservation.
Alors on prend le problème dans l’autre sens. Voici les cinq postes d’un road trip en camping-car en Europe, avec des prix réels de 2026, et un exemple complet sur 15 jours pour arriver au chiffre final.
La location du camping car, le poste de dépense le plus lourd
C’est votre plus grosse dépense et celle qui varie le plus. En pleine saison, en juillet et en août, un camping-car de taille moyenne se loue autour de 200 à 240 € par jour en France, 200 à 250 € en Italie, 180 à 220 € en Espagne et 170 à 200 € au Portugal.
Hors juillet-août, ces chiffres chutent nettement. L’écart entre basse et haute saison peut atteindre 80 à 120 % selon les régions, ce qui veut dire qu’un départ en juin ou en septembre change complètement votre budget pour le même itinéraire et à peu près le même temps.
Deux leviers font bouger la note tout de suite :
Un van aménagé coûte 20 à 35 % de moins qu’un camping-car profilé aux mêmes dates. Si vous partez à deux, il y a de bonnes chances que le van suffise largement.
À partir de 7 nuits, la plupart des loueurs baissent le tarif journalier de 5 à 15 % et passent souvent en kilométrage illimité. Un voyage de 8 jours peut donc revenir moins cher qu’un voyage de 6.
Et surtout, comparez le coût total, pas le prix affiché. Une offre à 110 € par jour avec assurance de base, kilométrage limité et nettoyage obligatoire finit plus chère qu’une offre à 135 € tout compris.
Le carburant, deuxième poste de dépense
Début août 2026, la moyenne européenne se situe à 1,921 € le litre de gazole et 1,830 € pour l’essence. La France est légèrement au-dessus, autour de 1,95 € le litre de gazole.
Sur un camping-car de taille moyenne, comptez 10 à 12 litres aux 100 kilomètres. Traduit en budget, cela fait environ 20 à 23 € de carburant tous les 100 kilomètres. C’est le chiffre le plus utile pour estimer votre voyage directement sur la carte, avant même de réserver.
Où dormir ? De 0 à 50 € la nuit
C’est le poste sur lequel vous avez le plus de marge, et celui que la plupart des gens sous-estiment.
Les aires de camping-car. La France en compte plus de 3 000 gratuites, souvent en zone rurale, avec parfois les services de base. Les aires privées tournent autour de 10 à 20 € la nuit, et le réseau Camping-Car Park se situe entre 10 et 15 €. Beaucoup d’aires municipales demandent seulement 2 à 5 € pour l’eau et la vidange.
Les campings. L’écart est spectaculaire : de 8 à 12 € la nuit dans un camping municipal de village à 35 ou 50 € sur la Côte d’Azur en août. En Espagne, un emplacement avec deux adultes et l’électricité démarre autour de 20 € en basse saison et dépasse 30 € en haute saison.
La stratégie qui fonctionne est l’alternance. Deux ou trois nuits en aire, puis une nuit en camping pour prendre une vraie douche, vidanger, recharger les batteries et lancer une machine.

Péages et vignettes : le poste de dépense que tout le monde sous-estime
La France est la destination préférée des camping-caristes et aussi le pays le plus cher d’Europe en péages. Une voiture paie environ 10 centimes du kilomètre, mais un camping-car passe en classe 2 et grimpe à 16 centimes. Sur le tronçon méditerranéen entre La Jonquera et Lyon, l’un des plus fréquentés, on atteint même 17 centimes.
Une astuce utile : si la borne automatique vous classe en catégorie 3, celle des poids lourds, appuyez sur l’interphone et dites « camping-car ». La correction en classe 2 est généralement immédiate. Attention toutefois, votre véhicule bascule réellement en classe 3 s’il mesure 3 mètres ou plus (lanterneaux et climatisation compris) ou s’il dépasse 3,5 tonnes.
En Italie, les camping-cars relèvent de la classe B et la différence avec une voiture reste faible. En Espagne, beaucoup d’anciennes autoroutes à péage sont devenues gratuites, et celles qui restent payantes se situent entre 0,08 et 0,18 € du kilomètre.
Dernier point, souvent oublié au moment de la réservation : les ZFE. En 2026, 25 villes françaises appliquent des restrictions de circulation. Vérifiez auprès du loueur que le véhicule dispose bien de sa vignette Crit’Air avant de partir, surtout si votre itinéraire passe par une grande agglomération.
Les courses et le reste
C’est là que le camping-car creuse vraiment l’écart avec un voyage à l’hôtel. En cuisinant à bord et en faisant vos courses au supermarché, comptez 25 à 30 € par jour pour deux, et ajoutez à part les repas au restaurant selon vos envies.
Un exemple concret : 15 jours, 2 800 km, deux personnes
Itinéraire type au départ du sud-ouest : côte basque, nord de l’Espagne, Portugal, puis retour par l’intérieur. Départ en septembre, donc hors pleine saison.
| Poste | Budget estimé |
| Location du camping-car (15 jours à environ 130 €) | 1 950 € |
| Carburant (2 800 km) | 585 € |
| Nuits (mélange d’aires, de campings et de nuits gratuites) | 190 € |
| Péages | 170 € |
| Courses et repas | 450 € |
| Divers (gaz, laverie, visites) | 180 € |
| Total | 3 525 € |
Soit environ 117 € par personne et par jour, tout compris, sur deux semaines. Le même voyage en juillet ou en août dépasse facilement les 4 500 €, uniquement à cause de la location et des campings.
Les frais cachés à vérifier avant de signer
Ce sont les quatre lignes qui créent le plus de mauvaises surprises au moment de récupérer les clés.
La caution. Elle est bloquée sur votre carte et se compte souvent en centaines d’euros. Ce n’est pas une dépense, mais il faut avoir le plafond disponible.
La franchise. C’est ce qui reste à votre charge en cas de casse. Regardez le montant avant de réserver, pas après.
Le nettoyage obligatoire. Entre 50 et 120 € forfaitaires chez beaucoup de loueurs. Certains l’incluent, d’autres non.
Le kilométrage. Comptez 150 à 250 km par jour inclus dans la plupart des contrats. Si votre itinéraire demande davantage, négociez l’illimité avant de signer.
Ajoutez enfin les frais de restitution dans une autre ville si vous ne revenez pas au point de départ. Ils peuvent dépasser le prix de deux journées de location.
Cinq façons de faire baisser la note
- Partez en juin ou en septembre. Le même climat, des tarifs qui n’ont plus rien à voir.
- Allongez à 8 ou 10 jours pour déclencher la remise longue durée.
- Évitez l’autoroute quand vous n’êtes pas pressés. Les nationales sont gratuites et, très honnêtement, bien plus belles.
- Comparez plusieurs loueurs avant de réserver. Entre le plus cher et le moins cher d’une même ville, l’écart atteint souvent 40 à 50 € par jour pour des véhicules quasi identiques, donc un passage par un comparateur de location de camping-car vaut largement les dix minutes qu’il prend.
- Cuisinez à bord. C’est l’économie la plus importante et la moins douloureuse.
Le poste sur lequel il ne faut pas rogner
Il reste une ligne de budget qu’il serait dommage de couper : ce qui se passe quand quelque chose tourne mal loin de chez vous. Une panne qui vous immobilise, une urgence médicale dans un village de Galice, ou l’ordinateur qui disparaît du van sur un parking.
Un road trip en camping-car, c’est plus de kilomètres, plus de frontières et plus de nuits loin d’une réception d’hôtel que n’importe quel autre type de voyage. C’est exactement le scénario pour lequel une bonne assurance voyage existe, et dans un budget de deux semaines, elle pèse beaucoup moins lourd qu’une seule nuit de camping au mois d’août.
Bonne route, et que la seule surprise du budget soit qu’il vous reste de l’argent.






