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Le blog voyage by Chapka

Le passage de la frontière bolivienne en plein Covid, une course contre la montre à vélo

.Avant-propos : ce récit datant de mai 2021 fait partie d’une plus longue histoire, un voyage à vélo de 22 000 kilomètres réalisé par Katrin et Matthieu, d’Ushuaia en Argentine jusqu’à Cancún au Mexique. Après une pause de deux mois en France, Matthieu est reparti en avril 2022 et il est actuellement à San Francisco après 5 000 kilomètres à rouler seul. Sa destination finale est Vancouver. Une aventure à découvrir sur le site Cyclistsheadingup et sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram.


Après avoir effectué notre test PCR à San Pedro de Atacama au Chili, il nous reste encore 72h pour passer la frontière bolivienne avant son expiration. Pour ne pas prendre de risque, nous voulons faire du stop car la distance est trop longue à vélo en si peu de temps (350 km) et à haute altitude (entre 3000m et 4000m). Un pick-up nous avance de 100km jusqu’à Calama mais ensuite nous ne rencontrons aucune voiture dans le désert. La veille au soir, il nous reste encore 125km avec 700m de dénivelé à faire avant 12h30 le lendemain. On commence alors un véritable contre la montre !

Voici le récit de cette incroyable journée…

Chili et Bolivie à vélo

Le réveil sonne à 2h45, c’est dur. On range et on part à 3h30. Il fait froid mais nous avons mis tous nos vêtements chauds. On grimpe progressivement, mais dans la nuit, nous n’avons aucun repère. Après 15 kilomètres, on a un petit replat avant de commencer la montée à l’altiplano. Le vent est glacial mais l’effort dans la montée nous réchauffe. Arrivés à 4000m d’altitude, nos membres sont gelés et on ne peut même plus boire, nos bouteilles d’eau sont congelées, il fait -15 °C. Il nous reste pourtant encore 1h30 jusqu’au lever du soleil, c’est un combat mental. L’horizon s’éclaircit et on commence à distinguer les paysages magnifiques autour de nous.  Juste avant que le soleil passe au-dessus des montagnes, on arrive à un poste de police pour un contrôle de passeport. On demande si on peut se réchauffer un peu et prendre le petit déj à l’intérieur. Le policier est super sympa, il nous met le radiateur à 20 cm de nos pieds et il nous offre du thé et du café pour le petit déj. On reste 45 minutes, bien plus longtemps que ce nous permet notre planning, mais on en avait trop besoin.

Après une petite descente, on arrive à un salar (désert de sel) qu’on longe pendant 30km. La route est plate et bonne, les paysages sont beaux et le soleil nous réchauffe un peu. On commence enfin à se sentir mieux. Juste avant de quitter le salar, on passe par une lagune avec pleins de flamants roses. Nos esprits et nos membres réchauffés, on se dit que cela vaut tout de même la peine de passer par là ! On fait une petite montée, puis une descente avant de rejoindre un autre salar où un vieux train passe en plein milieu. Puis une dernière petite ascension, puis on aperçoit enfin Ollague, la ville situéeà la frontière bolivienne. 

On s’arrête au magasin pour dépenser nos derniers pesos chiliens, puis on se dirige à la douane. Les agents nous avertissent, on ne pourra pas revenir au Chili si les Boliviens nous refusent l’accès, on reçoit le tampon de sortie du territoire chilien. On fait les 4 kilomètres séparant le Chili et la Bolivie, puis on cherche un douanier bolivien, tout est vide. Une personne sort d’une cabane et nous demande nos documents.

Premier problème : il est déjà 13h, notre test PCR n’est officiellement plus valable (73h au lieu de 72h pour la prise d’échantillon avant l’entrée au territoire). Deuxième problème : il faut une copie papier de tous les documents (ce qui n’était marqué nulle part). On commence à argumenter et expliquer que c’est compliqué d’imprimer quelque chose lors d’un voyage à vélo.

Il nous amène voir un autre douanier pour réexpliquer les différents problèmes, puis ils appellent leur chef pour demander ce qu’ils doivent faire avec nous. Finalement c’est bon pour le test PCR, mais ils insistent sur l’impression des documents.  A défaut d’autres moyens, ils acceptent de les imprimer pour nous, mais c’est payant (bien sûr). On n’a pas vraiment le choix, donc on se plie à leurs conditions tant qu’on peut entrer en Bolivie. Ils branchent le téléphone à l’ordinateur, mais ils n’arrivent pas à imprimer les documents.  Ils discutent à voix basse de tous les problèmes pendant que nous prions en silence qu’ils nous laissent enfin passer. 45 minutes plus tard, la première impression sort enfin de l’imprimante. Encore un quart d’heure, puis ils ont enfin fini et tamponnent notre passeport.  On est libre d’y aller, on ne peut pas croire qu’on a enfin réussi !

Juste après la frontière, il y a un petit bistro où on commande le plat du jour, des pâtes avec du poulet au jus, quelques patates et un légume qu’on ne connait pas. On est revigoré, mais on n’ira plus très loin aujourd’hui. On fait 5km (histoire de ne plus être visible depuis la douane et le village, puis on se pose au bord de la route. On met la tente derrière une butte, puis on ne bouge quasiment plus de l’après-midi. On est enfin en Bolivie et tranquille, le reste, on verra demain !

Le bivouac peu après le passage de la frontière.
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