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Le blog du voyage by Chapka

Thomas nous raconte comment il a monté sa boîte au Japon

Cap sur le Japon où on retrouve Thomas Bertrand, 35 ans, expatrié à Kyoto depuis 2003. Ce jeune entrepreneur a monté une boîte qui vend des boîtes. Laissez-nous mieux vous expliquer. Son entreprise s’appelle Bento&co. C’est une boutique en ligne spécialisée dans la vente de bentos à l’international. Les bentos, ce sont des boîtes qui servent à transporter sa nourriture au quotidien (un peu comme les lunch box ou les tupperwares). En plus de ces bentos, vous pouvez vous faire livrer des produits et accessoires typiquement japonais.

Avant d’en apprendre plus sur les raisons qui l’ont poussé à créer sa société au Japon, nous lui avons posé des questions sur sa carrière et sa vie à Kyoto.

Quel était ton parcours en France ?

J’étais étudiant à l’IEP de Grenoble. J’ai eu l’opportunité de faire un échange universitaire au Japon en 2003-2004. Je pensais rester un an ici avant de revenir en Europe pour un master. Je suis finalement resté.

Quand as-tu débarqué au Japon pour la première fois ?

C’était en 2002 pour un séjour de dix jours. Sachant que j’avais l’opportunité de venir y étudier, j’ai préféré venir sur place afin de me rendre compte de ce qu’était ce pays. Il me fascinait depuis longtemps. Je suis de la génération Club Do’, Sega et Nintendo.

J’ai effectué le circuit classique : Tokyo, Kyoto, Hiroshima. C’était mon premier grand voyage, mon premier vol également. Un enchantement continu.

L’année suivante, j’ai intégré l’Université de Kyoto. A cette époque, il y avait encore peu d’étudiants français et je n’ai pas regretté mon choix. Les cours sont intéressants et l’environnement très international. Nous étions dans des classes de 50 avec pas moins de 15 nationalités.

Tu as donc fini par t’y installer…

Après avoir effectué mon année universitaire ici, j’ai été diplômé. Je suis rentré deux mois en France pour repartir aussitôt au Japon avec un visa vacances-travail. Je voulais continuer à profiter de la vie à Kyoto, apprendre à parler japonais et vivre un peu plus longtemps sur place. Année après année, nous voilà arrivé à 13 ans désormais. Je n’avais pas prévu de m’installer définitivement ici mais l’histoire s’est faite ainsi. Désormais, j’ai une famille et mon entreprise à Kyoto.

Vivre à Kyoto

Les couleurs de l’automne à Kyoto

As-tu rencontré des difficultés lors de ton installation au Japon ?

Je n’y ai vu aucune difficulté. C’était progressif et pas tellement planifié. Plus que des difficultés, c’était une chouette aventure, pas toujours simple, mais toujours excitante. D’ailleurs, je ne m’en lasse pas.

J’ai toujours eu de la chance : le timing, les rencontres m’ont permis de trouver facilement un logement, puis un job, puis un autre, etc. La seule leçon que je peux donner, c’est de rester positif et de créer son réseau !

Peux-tu nous parler de tes différents jobs au Japon ?

Mon premier petit boulot en visa vacances travail, c’était dans un café restaurant. C’était très simple, bien que je ne parlais pas vraiment japonais à l’époque. J’ai également pu travailler dans une PME à Osaka après avoir écrit au directeur juste en lui disant que j’adorais ses produits. Il voulait alors exporter et m’a engagé. Le culot a payé puisqu’un an plus tard, nous avons fait la vitrine de la boutique du Musée des Arts Décoratifs à Paris.

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Comment juges-tu la qualité de vie au Japon ?

Je préfère parler de la qualité de vie à Kyoto en ce qui me concerne, car je n’aimerais pas forcément vivre dans certaines grandes villes du Japon.

Kyoto est une ville plutôt agréable, ni trop grande, ni trop petite (1,5 million d’habitants). Il y a un large choix de restaurants (et j’adore manger), de musées, soit plus de deux-mille ans d’histoire à découvrir. De plus, Kyoto est assez francophile. On y retrouve l’Institut Français et le consulat, ce qui peut aider dans certaines démarches.

Enfin, on est proche de la nature (non pollué), même en centre-ville où la rivière Kamo coule.

rue commercante a Kyoto

Le marché Nishiki à Kyoto

Quels sont les avantages et les inconvénients de la vie au Japon par rapport à la France ?

Je vais faire cliché, mais le fait de vivre en société fonctionne plutôt bien. C’est agréable, on ressent moins de stress, même dans la foule. C’est sécurisé, les transports et le service public sont très efficaces. Le respect et la civilité sont très importants. Finalement, tout cela peut devenir un inconvénient puisque cela ne laisse pas de place à la souplesse et à la spontanéité. Ce qui me manque le plus, c’est le climat français tempéré.

Quand on voit son pays de loin, on se dit que ceux qui n’en partent pas ne savent pas la chance qu’ils ont.

Parle-nous de ton entreprise Bento&co.

Tout a commencé lorsque j’ai ouvert mon blog en 2005 : La rivière aux canards. J’y parle de la vie à Kyoto. Ce blog rencontre un petit succès auprès des francophones amoureux du Japon avec 800 à 1000 visiteurs par jour. Je pense alors à l’époque qu’il peut devenir un tremplin pour vendre des produits nippons. Ma mère me parlait d’un article sur les bentos. J’ai alors eu un flash : vendre des boîtes à bento en ligne.

Après une recherche sur la toile, je vois qu’il est difficile d’en trouver en France. Avec l’aide d’amis rencontrés grâce à mon blog, j’ai créé une boutique en ligne et j’achète pour environ 800 € de stock, de cartons et de scotch. Bento&co a ouvert le 23 novembre 2008.

l'entreprise bento&co

Est-ce facile de créer une entreprise au Japon ?

Etant marié, avec un visa d’époux, je n’avais pas de problèmes pour vivre au Japon et exercer le métier de mon choix.

Pour débuter Bento&co, rien de plus simple. Je me suis rendu au centre des impôts de mon quartier pour dire que j’allais débuter une activité commerciale. Ils ont pris mon adresse et m’ont prodigué des conseils.

Quant est venu le moment de créer une SA (KK au Japon), il a fallu s’attacher les services d’un expert comptable.

Faut-il avoir des contacts au Japon pour pouvoir créer son entreprise ?

Comme dans n’importe quel pays, se constituer un réseau est très important.

modele de bento

Des exemples de bentos

En ce qui concerne l’investissement initial, doit-il être conséquent ?

Cela va dépendre de ce que l’on vend et de son ambition. On peut créer une SA avec un faible capital, mais il y a des charges administratives et diverses à régler. Petit conseil non négligeable, achetez des tampons officiels pour signer les contrats.

Avec Bento&co, j’y suis allé doucement, étape par étape. Maintenant, je débute une nouvelle aventure et l’investissement de départ va être plus important. J’ai lancé un service en ligne de logistique pour les commerçants en ligne, Ship&co, en utilisant le savoir-faire développé avec Bento&co.

En tant qu’étranger au Japon, faire du business avec les locaux est-il plus difficile ?

Dans mon domaine, je pense que c’est un avantage. Les fabricants avec qui l’on travaille sont des PME, plus souples que les grandes entreprises japonaises. La plupart sont d’ailleurs localisées dans des provinces peu urbanisées.

Il y a également des artisans, aux méthodes traditionnelles, qui connaissent parfaitement leur métier et qui ne cherchent pas à vendre davantage, et encore moins à vendre en dehors du Japon. On leur ouvre de nouveaux marchés. On s’occupe de ce qu’ils n’ont pas envie de faire : logistique, marketing international. Une excellente collaboration donc !

Comment creer son entreprise au Japon par un expat

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui souhaiterait créer son entreprise au Japon ?

Avoir déjà une connaissance du pays, des amis qui peuvent être utiles ici, avoir envie de bien faire sans compter ses heures de travail.


Merci à Aala du site Un Gaijin au Japon d’avoir joué les reporters pour le blog Chapka.

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