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Le blog du voyage by Chapka

Étudier en Chine : une année en immersion totale

La Chine attire de plus en plus les étudiants étrangers. C’est un pays qui plait et effraie en même temps. Alors que certains ont peur de ne pas s’habituer au mode de vie (à mille lieux du nôtre), d’autres au contraire sont fascinés par le pays !

Si vous êtes résistant au changement et pas du tout aventurier dans l’âme, ce n’est clairement pas une destination pour vous !

Nous avons rencontré Elise, une jeune étudiante de 24 ans, originaire de Strasbourg qui a toujours été attirée par l’Empire du Milieu. Elle a choisi la Chine pour son échange de M1 et nous raconte son expérience.


Les préparatifs d’une année d’études en Chine


Policier dans les rues en Chine

Pourquoi la Chine ?

J’avais envie de partir loin et d’être dépassée. L’Asie m’avait toujours attirée, c’était donc l’occasion rêvée de passer de l’envie à la réalité. Et puis la Chine me fascinait, j’ai d’ailleurs pris LV3 mandarin dès mon arrivée en école de commerce. J’étais intriguée par ce pays contrasté, qui mêle traditions et modernité, qui tient le rang de deuxième puissance économique mondiale mais qui fonctionne encore sous une organisation politique et sociale bien spécifique. J’avais envie de voir ce qu’il se passait dans le pays le plus peuplé de la planète, afin d’avoir un regard critique et objectif sur les informations données par les médias occidentaux.

En sortant de ma zone de confort, j’ai été amenée à faire face à des situations atypiques, et de me tester dans un environnement inconnu.

Quel visa faut-il demander pour étudier en Chine ?

Au niveau des formalités, la première chose à faire est d’obtenir son visa. Dans le cadre des études, deux visas sont possibles :

  • X1 études longues (à partir d’un an)
  • X2 pour les études courtes.

Pour les personnes qui envisagent de travailler en Chine, c’est le visa Z qui doit être demandé. Pour cela, il faut s’orienter vers l’Ambassade de Chine à Paris, mais il est aussi possible de le faire dans les consulats : il y en a 4 en tout en France (Strasbourg, Marseille, Lyon, et Saint-Denis).

Plus d’infos

Quelles sont les formalités à faire au niveau de la santé ?

Les vaccins : aucun n’est obligatoire, mais certains sont conseillés. Pour n’en citer que quelques-uns : rage, typhoïde, encéphalite japonaise… Renseignez-vous avant de partir, cela dépend des régions où vous résiderez mais aussi des endroits où vous prévoyez de voyager.

L’assurance santé : c’est un point crucial et important. Nous avons été plusieurs à avoir besoin de nous rendre à l’hôpital au cours de l’année. Et surtout, vous aurez besoin d’une attestation pour obtenir votre visa. Je vous conseille de vous informer un peu à l’avance pour comparer les différents tarifs et garanties.

Existe-t-il des bourses d’études ?

Il existe des bourses et notamment une bourse octroyée par le gouvernement chinois. Cette dernière est plus qu’intéressante puisqu’elle permet d’avoir la prise en charge du logement sur le campus ainsi que de percevoir une bourse mensuelle assez élevée.

Attention : la bourse n’est pas facile à obtenir ! Les démarches sont longues et il faut rassembler beaucoup de documents (lettre de motivation, lettres de soutien de la part de professeurs, radio du thorax, ECG, tests sanguins etc) !

Retrouvez toutes les bourses du gouvernement chinois.


Les premiers pas en Chine


Quel a été ton point de chute ?

J’ai atterri à Chengdu, une « petite » ville de 14 millions d’habitants, située dans la province du Sichuan au centre de la Chine. J’ai volontairement fait le choix de ne pas me rendre dans les villes côtières comme Beijing (Pékin), Shanghai ou encore Hong Kong, car j’avais envie de voir la « vraie » Chine, celle qui n’est pas encore rattrapée par cette modernité fulgurante… et je n’ai pas été déçue !

Quelles sont les activités à faire vers Changdu ?

Chengdu profite en effet d’une situation exceptionnelle : aux portes du Tibet (10h de bus en direction du nord-ouest) et proche des fameuses rizières en terrasses du Yunnan, parmi les plus belles du monde. À quelques kilomètres, vous pourrez aussi découvrir le Buddha de Leshan, le plus grand Buddha du monde, taillé dans la roche.

À savoir sur la ville de Chengdu

  • La capitale gastronomique de la Chine : on y mange bien mais surtout très épicé. Les fameux hotpot (soupes épicées) sont incontournables.
  • La capitale des Pandas : elle dispose d’un centre de reproduction où on peut venir admirer ces petites bêtes poilues (« chat-ours » en chinois).

Travailler et étudier en Chine


Elise qui est partie étudier en chine

Quels cours faisais-tu en Chine ?

Je suis partie dans le cadre de mon Master 1, j’ai donc étudié là-bas pendant 1 an, avec principalement des cours de marketing, d’économie et de gestion puis des cours de mandarin intensif sur les 6 derniers mois.

Quel est le rythme des cours ?

Contrairement à l’image que l’on pourrait se faire de la Chine, le rythme n’est pas si soutenu 🙂 .  Au premier semestre, la totalité de nos cours étaient étalés sur 3 jours, ce qui nous laissait le temps de voyager à côté lors de longs weekends. En revanche,  les 3 jours de cours sont très intenses.

Tous les étudiants chinois disposent de 2 mois de vacances à l’occasion du Nouvel An Chinois, qui se tient chaque année de janvier à mars. C’est donc parfait pour couper l’année et en profiter pour voyager.

As-tu travaillé ou fait un stage en Chine ?

J’ai fait un stage de 5 mois à côté de mes études. J’ai trouvé ce stage sur place via une connaissance. Une amie chinoise connaissait un jeune entrepreneur qui venait d’ouvrir son commerce. Ce dernier n’arrivait pas à faire décoller ses ventes et j’ai donc proposé de l’aider.

Quelles sont les différences entre le monde du travail chinois vs le monde du travail français ?

Pour commencer, pas de rémunération pour les stagiaires. Pour les personnes qui travaillent en CDI, les salaires sont évidemment moindres, tout dépend du poste et de la hiérarchie. Les Chinois ne parlent quasiment pas anglais, ce qui représente une barrière assez importante pour les personnes qui désirent venir travailler en Chine. J’ai eu cependant de la chance, mon contact parlait couramment français !

Anecdote sur les différences de travail 

Ce qui m’a marquée, c’est la vision très différente de lancement d’un business. Alors qu’en France un entrepreneur prendra toutes les précautions pour assurer la faisabilité de son projet et le rendement, en Chine j’ai été face à une absence totale de recherches préalables avant l’ouverture de business.

La personne que j’ai aidée avait en effet pris la décision d’établir sa boutique de pâtisseries sans aucun benchmark ni questionnement sur la pérennité de son commerce.

Une chose qui m’a semblé insensé mais qui se trouve en fait être une véritable identité culturelle : la réussite professionnelle est en fait un véritable moteur pour les Chinois et être à la tête d’une entreprise représente un aboutissement, encore faut-il que celle-ci remporte le succès escompté !


Vivre en Chine


Petite chinoise

Quelle a été ta plus grosse difficulté en Chine ?

J’aime la Chine mais cela m’a pris quelques semaines avant de m’y faire. La chose la plus difficile était la barrière de la langue. Au début, c’était vraiment difficile de se faire comprendre mais avec l’apprentissage de quelques mots essentiels, tout devient beaucoup plus simple. Au fil des semaines, j’ai finalement pris mes marques et je suis tombée sous le charme de ce pays, celui de sa culture, de ses traditions, de ses habitants.

Avais-tu des amis chinois ?

Même si les débuts n’étaient pas des plus évidents, les Chinois sont très avenants, souriants et ils n’hésiteront pas à vous aider en cas de difficultés. Dès mon arrivée, j’ai été touchée par ce dévouement.

Il faut aussi dire qu’en tant qu’étrangère occidentale (et blanche de peau, il faut le dire), l’accueil est vraiment positif. Alors même si au début on peut avoir l’impression d’être une bête de foire car tous les regards sont postés sur nous (Chengdu n’est pas aussi riche d’expats que Pékin et croiser un « laowai » (étranger) n’est pas chose courante), on s’y fait et cela devient finalement amusant.

La Chine est beaucoup plus ouverte au monde et avancée que ce que l’on peut voir dans les médias.

Est-il facile de s’intégrer à la culture chinoise ?

J’ai eu la chance d’être étudiante en Chine. Les étudiants et les jeunes baragouinent au moins quelques mots d’anglais. Certains le pratiquent vraiment bien et s’occupent d’intégrer les étudiants étrangers lors de leur arrivée sur le campus. J’ai en particulier le souvenir d’une amie chinoise qui parlait couramment le français, et qui m’a aidée dans quasiment toutes mes démarches sur place.

Anecdote sur les différences culturelles

Le premier jour de notre arrivée, notre propriétaire tenait à nous inviter au restaurant pour nous souhaiter la bienvenue. Un geste vraiment appréciable, surtout que nous n’avions rien mangé depuis la veille. Elle nous amène dans un restaurant qui semblait chic d’extérieur. La carte était en sinogrammes. Impossible pour nous de déchiffrer le moindre mot, et aucune photo pour nous aider. Notre hôte a donc passé commande pour nous. Au moment de l’arrivée du plat, c’est un gigantesque pot fumant qui arrive au milieu de la table… et il s’avère que le met tant attendu n’était autre que des pieds de porcs, un met très apprécié par les Chinois ! Je suis soudainement devenue végétarienne et me suis contentée des pousses de bambous, champignons et thé chaud qui accompagnaient le plat ! Très bon, somme toute.


Voyager depuis la Chine


Mon voyage en Asie du Sud-Est

Nous sommes partis en couple 2 mois pendant les vacances du Nouvel An. Nous avons traversé le Cambodge, la Thaïlande, la Birmanie et les Philippines sur un peu plus de 8 semaines. Des temples d’Angkor aux plages paradisiaques des Philippines, il nous a été donné envie de vivre des expériences incroyables.

 

Mes voyages en Chine

Il est très aisé de voyager : bus, train sont les transports les plus répandus et accessibles.

Le Buddha de Leshan, Macao et ses casinos, Canton et Shenzhen, Xi’An et son armée de soldats de terre cuite enterrés, font partis de ces destinations.

Je suis aussi allée à Hong Kong pour le 1er jour de l’an et j’ai emprunté « le chemin le plus dangereux au monde », qui est en fait une via-ferrata suspendue à 2 000m d’altitude, agrippée à une paroi de la montagne sacrée Huashan.

Mon voyage au Tibet

C’est le voyage qui m’a particulièrement marquée. Un séjour de 6 jours dans les anciennes provinces tibétaines, qui sont à différencier de ce que l’on appelle le « Tibet Autonome ». Un voyage qui m’a profondément chamboulée et que j’affectionne particulièrement par l’échange que j’ai pu avoir avec les locaux sur place.

 


Le bilan de l’expérience chinoise


Enfants philipins au bord de l'eau

Que t’a apporté cette expérience ?

Je ressors grandi de cette expérience. Forcément, l’arrivée dans un pays aux caractères si différents de notre pays d’origine nous oblige à nous faire un peu violence au démarrage. On met alors les pieds dans un pays dont on ne parle pas la langue et dont on ne connaît pas grand chose.

On apprend beaucoup sur soi, sur sa capacité à s’adapter, à gérer des situations nouvelles, à chercher des solutions alternatives quand tout ne se déroule pas comme on l’avait prévu, à se concentrer sur l’essentiel et surtout à relativiser.

Je me suis aussi rendue compte de la chance que j’avais d’être née dans un pays démocratique, où la liberté d’expression est reine et où les droits de l’Homme priment sur tout le reste. Un pays qui s’alarme dès que l’indice pollution s’envole un peu, alors qu’en Chine l’indice quotidien est 3x supérieur à l’indice maximal.

J’ai aussi ouvert mon regard sur le monde, et plus particulièrement sur la Chine. J’ai cherché à comprendre le fonctionnement de ce pays, à en apprendre plus sur les différentes ethnies qui la composent et ses habitants. J’ai découvert un pays à deux vitesses, qui a une volonté incroyable d’avancer tout en gardant à cœur de faire vivre ses traditions.

Enfin, je pense que cette expérience de vie en Chine n’a fait que confirmer mon attrait et envie de voyager. Je veux continuer à parcourir le monde et à découvrir les incroyables beautés qu’il comporte.

Portrait chinois de ton expérience en Chine :

Si ton expatriation en Chine était :

  • Une couleur : le vert, pour tous les paysages incroyables vus là-bas
  • Un son : la musique tibétaine, entendue lors du chemin retour et qui passait en boucle sur une K7 de la voiture de mon co-voitureur tibétain
  • Un plat : le gōng bào jī dīng (prononcez « Gong bao dji dine gue ») du poulet aux cacahuètes, une des spécialités de Chengdu. Et en encas des bāo zi  包子 (prononcez « bao dzeu »), de délicieuses petites boules de pain cuits à la vapeur et fourrés aux champignons, légumes, bœuf…
  • Une odeur :  l’odeur des grillades dans les rues sur les étales des marchands

Le retour de Chine


Que fais-tu aujourd’hui ?

Après mon retour de Chine, j’ai fait le choix de poursuivre par une année de césure. J’ai commencé à travailler dans une entreprise très connue d’agroalimentaire qui fabrique des petites billes de cacahuètes colorées et des barres de chocolats. J’ai eu d’ailleurs l’occasion de comparer les spécificités du marché chinois avec le marché français : des produits commercialisés en Chine au moment de mon expatriation ont été lancés en France cette année !

Quels sont tes projets pour la suite ?

Niveau perso, j’envisage de partir dans un mois en Amérique Latine. J’atterris à la frontière entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine. S’en suit un roadtrip de 1 mois avec un ami que j’ai rencontré en Chine. Nous avons déjà établi notre itinéraire : ce sera un voyage de Lima (Pérou) à San Pedro de Atacama (Chili), en passant par le fabuleux Machu Picchu, le Lac Titicaca et le Salar d’Uyuni, le plus vaste désert du sel du monde. Une aventure qui promet d’être riche en découvertes !

Coté pro, à la rentrée, je pars pour Montpellier pour ma dernière année d’étude, que je ferai en alternance avec une entreprise de nourriture haut-de-gamme spécialisée pour chats et chiens.

À l’issue… je serai sur le marché du travail ! Ou bien quelque part dans le monde, à la recherche de nouvelles expériences 🙂 !

 

Merci à Elise de nous avoir raconter son expérience sur les études en Chine mais aussi ses futures pérégrinations en Amérique Latine ! Si vous êtes curieux, elle raconte tout sur son blog Riz-cantonais.

N’hésitez pas à consulter aussi notre mode d’emploi pour les étudiants étrangers en Chine.

 

À propos du blog « Riz Cantonnais« 

J’ai créé ce blog car je voulais partager avec ma famille et mes amis mon expérience de vie en Chine, et plus largement en Asie. L’accès à Facebook n’étant pas garanti une fois arrivée là-bas (censure oblige), je me suis dite qu’un site internet/un blog serait la solution la plus simple et efficace de pouvoir garder un lien avec mes proches et leur donner un moyen de me suivre au quotidien grâce à mes articles. Puis, progressivement, le blog a grandi, avec de nouveaux visiteurs, et j’ai décidé de continuer en lui donnant une nouvelle dimension : conseils, bons plans, astuces ou encore proposition d’itinéraires.

La deuxième raison qui m’a poussée à avoir un blog est que, ayant moi-même consulté de nombreux blogs d’expatriés avant de partir, j’ai eu envie de mettre ma pierre à l’édifice en donnant des infos qui aideraient les futurs expats à y voir plus clair, voire leur donnerait envie de se rendre en Chine ou de s’y installer !

D’un point de vue plus perso, j’ai toujours adoré écrire. Je prends donc plaisir à raconter mes expériences. À cela s’ajoute la passion de la photo, qui me permet de rendre les articles agréables à lire mais aussi à regarder (enfin j’espère). Et puis, quand je vois les visites qui ne cessent d’augmenter, ça me donne envie de continuer !

 

 

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