Avec leur allure de mini‑ours massif, leur démarche tranquille et leur réputation de « bulldozers du bush », les wombats font partie des animaux les plus attachants d’Australie. Mais contrairement aux kangourous ou aux koalas, on ne les croise pas par hasard en bord de route : il faut savoir où et quand les chercher.
5 anecdotes sur le wombat
Le wombat est un marsupial fouisseur : il vit dans des terriers qu’il creuse avec ses puissantes griffes et passe une grande partie de la journée sous terre. Il sort surtout au crépuscule et la nuit pour brouter herbe, racines et écorce. Parfois tôt le matin par temps frais ou couvert.
Malgré son look adorable, le wombat est solitaire et capable de se défendre vigoureusement s’il se sent menacé. Ses atouts pour repousser l’ennemi, un corps musclé, idéal pour creuser, et des griffes puissantes.
Il fait des crottes… en forme de cube
C’est l’anecdote la plus célèbre : les déjections de wombat sont presque carrées. Cette forme particulière (due à la structure de leur intestin) permet aux crottes de rester en place sur les rochers ou les troncs, sans rouler. Le wombat s’en sert pour marquer son territoire et communiquer avec ses congénères.
Son derrière est une véritable armure
Le wombat a une croupe très dure, constituée de cartilage épais et d’os compact. En cas de danger, il se jette dans son terrier et bloque l’entrée avec son arrière‑train, comme un bouchon. Un prédateur qui tenterait d’entrer se retrouve face à une sorte de bouclier vivant. Le wombat peut même écraser un intrus contre le toit du terrier avec la force de son dos.
Sa poche est… à l’envers
Contrairement aux kangourous, la poche ventrale de la femelle wombat est orientée vers l’arrière. Raison très pratique : comme l’animal passe sa vie à creuser, la poche ne se remplit pas de terre et le petit reste bien protégé. Le bébé wombat naît minuscule et termine son développement dans cette poche pendant plusieurs mois.
Il court plus vite qu’on ne le croit
Sous ses airs de peluche lourdaude, le wombat peut atteindre 35–40 km/h sur une courte distance, soit à peu près la vitesse d’un bon sprinter humain. Il ne tient pas longtemps, mais cette pointe de vitesse lui permet de filer vers un terrier en cas de danger. Moralité : mieux vaut ne pas le sous‑estimer, ni le coincer.
C’est un bâtisseur de terriers géants
Le wombat est un ingénieur du sol : il creuse des terriers pouvant mesurer jusqu’à plusieurs dizaines de mètres, avec de multiples entrées et chambres. Ces galeries servent non seulement d’abri au wombat, mais aussi à d’autres animaux (reptiles, petits mammifères, oiseaux) qui profitent de ces refuges contre la chaleur ou les incendies. Il joue donc un rôle écologique important dans son écosystème.

5 spots pour voir le wombat à l’état sauvage en Australie
Le wombat vit surtout en Australie du Sud‑Est et en Tasmanie, dans des zones de bush, de prairies et de forêts ouvertes.
Wilsons Promontory National Park
Le Wilsons Promontory National Park, à 3h de route au sud‑est de Melbourne, combine plages de sable blanc, eaux turquoise, dunes, forêts et collines granitiques. Ce parc est souvent cité comme l’un des meilleurs lieux pour observer des wombats en liberté. On en voit régulièrement sur les pelouses, près des campings et le long des routes du parc.
Les environs de Tidal River, les zones de camping et certaines prairies ouvertes au crépuscule sont particulièrement propices.

Cradle Moutain – Lake St Clair National Park
Au centre de la Tasmanie, Cradle Mountain-Lake St Clair mêle sommets déchiquetés, lacs glaciaires et landes alpines balayées par le vent. C’est l’un des paysages les plus photogéniques du pays…et un véritable paradis pour observer les wombats. En fin d’après‑midi, autour de Ronny Creek ou près de Dove Lake, on les voit souvent sortir des broussailles pour brouter dans les prairies ouvertes. Croiser un wombat dans cette lumière dorée, avec les montagnes en arrière‑plan, est l’une des images les plus marquantes d’un voyage en Tasmanie.

Narawntapu National Park
Sur la côte nord de la Tasmanie, Narawntapu est un parc discret de plages sauvages, zones humides et grandes plaines herbeuses, souvent surnommé le « Serengeti tasmanien ». Au coucher du soleil, les prairies se remplissent de silhouettes : wombats, wallabies et kangourous broutent côte à côte dans une atmosphère très paisible. Ici, voir des wombats en liberté est presque garanti si l’on reste jusqu’au crépuscule, ce qui en fait un spot de choix pour les amoureux de faune et de grands espaces tranquilles.
Blue Moutains
Sur le continent, en Nouvelle‑Galles du Sud, certains parcs de montagne offrent aussi de belles chances de rencontre.
Les wombats sont présents dans certaines zones des Blue Mountains, à deux heures de route à l’ouest de Sydney.
les Blue Mountains sont un massif de plateaux entaillés de gorges profondes, recouverts de forêts d’eucalyptus qui dégagent une brume bleutée. On y trouve des falaises vertigineuses, les célèbres Three Sisters, de nombreuses cascades et un vaste réseau de sentiers. C’est une destination idéale pour la randonnée à la journée, les points de vue spectaculaires et une première immersion dans le bush australien.

Snowy Mountains
Dans les Snowy Mountains et d’autres parties des Alpes australiennes, les wombats fréquentent les prairies subalpines.
Dans ce décor étonnamment « alpin » pour l’Australie, les wombats font partie du paysage des hautes plaines : on les voit surtout au crépuscule le long des routes et autour des campings, occupés à tondre l’herbe.
5 parcs et sanctuaires pour observer le wombat de près
Si tu n’as pas le temps de t’aventurer dans des zones sauvages, il reste la solution des parcs animaliers. Beaucoup de sanctuaires dédiés à la faune australienne abritent des wombats, souvent recueillis après un accident ou orphelins.
- Healesville Sanctuary, près de Melbourne.
- Lone Pine Koala Sanctuary, près de Brisbane.
- Featherdale Sydney Wildlife Park, près de Sydney.
- Bonorong Wildlife Sanctuary, près d’Hobart en Tasmanie.
- Currumbin Wildlife Sanctuary, près de Gold Coast.
La meilleure période pour observer le wombat
Les wombats sont visibles toute l’année en Australie, mais ce sont des animaux principalement nocturnes. Pour maximiser vos chances, privilégiez les promenades en fin de journée ou au crépuscule, autour des zones de prairies et des campings dans les parcs où ils sont nombreux.

Conseils pour observer les wombats sans les déranger
- Garder ses distances. Même s’ils ont l’air lents et indifférents, ce sont des animaux sauvages, avec de puissantes griffes et une mâchoire robuste.
- Ne pas nourrir les wombats. Le pain, les biscuits ou les restes de pique‑nique perturbent leur alimentation et peuvent les rendre malades.
- Rouler très doucement la nuit. Collisions fréquentes sur les routes près des parcs.
- Préférer la lumière douce. Utiliser une frontale à lumière rouge ou baisser l’intensité pour ne pas les éblouir directement.
- Rester sur les sentiers. Ne pas piétiner les entrées de terriers ni s’approcher trop près de leur refuge.

Le livre à plus pour en apprendre davantage sur le wombat et les autres animaux du bush
La vengeance du wombat et autres histoires du bush, de Kenneth Cook. Editions Autrement.
« Wombats sur ma gauche, wombats sur ma droite : tous piétinaient et grognaient. Planté parmi eux au clair de lune, immense, le corps flasque et hardi, le filet dans une main, la seringue dans l’autre, j’attendais le wombat qui m’intéressait. […] Je n’eus pas le temps de me décider. Le wombat s’ approcha de moi en poussant un grognement meurtrier, avec la ferme intention d’anéantir tous les mythes sur le caractère inoffensif et herbivore des wombats. »
Une rencontre dans un bar, quelques bières fraîches, un rien de faiblesse, et voilà Kenneth Cook, écrivain d’âge mûr « en léger surpoids », embarqué dans d’incroyables aventures. Kangourou suicidaire, koalas explosifs, wombats vindicatifs, reptiles dérangés, chercheurs d’opales amateurs de paris stupides, Aborigènes roublards : ils finissent toujours par contrarier son penchant naturel pour le confort. Heureusement, car Cook en tire une brassée d’histoires plus vraies que nature, racontées avec un sens inné du gag.






