Les quartiers chinois représentent des espaces culturels uniques au sein des grandes métropoles du monde entier. Ancrés dans l’histoire des migrations chinoises, ces quartiers sont souvent des épicentres de la culture, de la cuisine et du commerce chinois. Des villes comme San Francisco, New York ou encore Melbourne abritent des quartiers chinois qui jouent un rôle essentiel dans la vie économique et sociale.
Ces lieux ne se limitent pas à être de simples concentrations de restaurants et de magasins ; ils constituent des refuges où les immigrés peuvent préserver leur culture tout en s’intégrant dans leurs nouvelles sociétés. En explorant ces quartiers, on découvre non seulement des traditions centenaires mais aussi des dynamiques modernes qui évoluent avec la société environnante. Ainsi, les quartiers chinois sont des lieux de rencontre où le passé et le présent se côtoient, reflétant la richesse et la diversité de la diaspora chinoise à travers le monde.
Buenos Aires
La capitale argentine est divisée en 48 quartiers administratifs mais Barrio Chino n’en fait pas partie. Ce ne sont que quelques cuadras rassemblées dans le quartier de Belgrano dans le nord-ouest de la métropole porteña.
Ce quartier abrite diverses communautés asiatiques. Historiquement, ce sont les Japonais qui se sont implantés en premier (au début du vingtième siècle). Aujourd’hui ce sont surtout les Taïwanais qui font vivre le quartier.
Contrairement à la plupart des autres quartiers asiatiques du continent américain, celui de Buenos Aires ne s’est pas développé comme un quartier résidentiel mais plutôt comme un espace culturel et commercial avec des boutiques vendant des bibelots destinés à attirer les voyageurs circulant en train entre le centre de Buenos Aires et la banlieue.
L’arche d’entrée de Barrio Chino a été construite en 2009 et les rues principales sont devenues piétonnes en 2015.
Fun Fact : un Barrio Coreano s’est formé dans les années 80 dans le sud de Buenos Aires. Les Coréens occupent quelques rues entre les quartiers de Florès et de Parque Chacabuco.
Londres
Le Chinatown le plus célèbre d’Europe se trouve en plein cœur de Westminster, juste à côté de Soho. Ce quartier s’est développé dans les années 70 et occupe la zone autour de Gerrard Street. On y trouve de nombreux restaurants chinois, boulangeries, supermarchés, boutiques de souvenirs et autres commerces tenus par la diaspora chinoise.
Fun Fact : Le premier Chinatown londonien se trouvait dans le quartier de Limehouse, plein est. Au début du XXe siècle, la population chinoise de Londres s’y étaient installés pour répondre aux besoins des marins chinois qui fréquentaient les docks de la Tamise. Les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale ont détruit une partie de ce quartier et la communauté chinoise s’est dispersée dans le Grand Londres.

Melbourne
Le Chinatown de Melbourne se trouve dans le CBD, le quartier des affaires. Il est considéré comme le plus ancien Chinatown du monde occidental.
Le quartier chinois de Melbourne est une attraction touristique majeure, réputé pour son patrimoine architectural, ses festivals annuels, ses restaurants, ses boutiques de mode et ses bars à karaoké.
Il s’étend entre les intersections des rues Swanston et Spring et se compose de nombreuses ruelles, impasses et arcades. Son artère la plus iconique se nomme Little Bourke Street. Le majestueux immeuble Sum Kum Lee, construit en 1887, actuellement occupé par le restaurant de raviolis Shanghai Village.
Le quartier abrite aussi le musée chinois de Melbourne, installé dans un ancien entrepôt d’ameublement.
Fun Fact : allez arpenter Corrs Lane, la ruelle la plus étroite du quartier. Impossible de passer à deux !

Mexico
Le Barrio Chino de Mexico est certes minuscule mais il a l’avantage de se trouver en plein centre, à moins de cinq minutes à pied du quartier des musées où on retrouve notamment le prestigieux Palais des Beaux-Arts.
L’histoire du quartier est intimement lié à celui du chemin de fer mexicain. Entre 1880 et 1910, sous la présidence de Porfirio Díaz, le gouvernement mexicain s’efforça de moderniser le pays, notamment par la construction de rails. Ne parvenant pas à attirer suffisamment d’immigrants d’Europe occidentale, il commença à faire appel à la main-d’œuvre chinoise.
Une arche chinoise fut inaugurée en 2008 sur la place Santos Degollado, dans le cadre d’un projet visant à faire de ces quelques rues une attraction touristique. Une autre arche est également installée sur la rue Dolores, habillée de lanternes.
New York
Avec une population estimée entre 90 000 et 100 000 habitants, le Chinatown de Manhattan abrite la plus forte concentration de Chinois dans l’hémisphère occidental. C’est l’un des neufs quartiers chinois de la mégalopole. Même si c’est le plus ancien, il est aujourd’hui dépassé en taille par les quartiers chinois du Queens et de Brooklyn.
Si le Chinatown de Manhattan reste le plus emblématique, c’est surtout parce qu’il abrite l’imposant Musée des Chinois d’Amérique.
Historiquement, ce quartier était principalement peuplé par des locuteurs cantonais. Cependant, dans les années 1980 et 1990, un grand nombre d’ immigrants fuzhounais s’y sont installés, formant un sous-quartier annexé à la partie orientale de Chinatown, à l’est de Bowery. Ce sous-quartier est désormais connu sous le nom de Little Fuzhou tandis que celui à l’ouest est surnommé Little Hong Kong/Guangdong.
Parmi les points d’intérêt à voir : le parc Columbus, la boutique Pearl River Mart, l’église de la Transfiguration ou encore les statues de Lin Zexu et de Confucius.
À Chinatown, plus de 300 restaurants chinois sont référencés. Citons notamment Joe’s Shanghai, Jing Fong, Dim Dim Sum, New Green Bo et Amazing 66.
San Francisco
Le quartier chinois de San Francisco, localisé sur Grant Avenue et Stockton Street, est le plus ancien Chinatown d’Amérique du Nord. Depuis sa création au début des années 1850 à nos jours, il a joué un rôle important dans l’influence culturelle chinoise en Californie.
Le quartier chinois est principalement de langue cantonaise et taishanaise, deux dialectes originaires du sud de la Chine. La plupart des habitants de Chinatown sont originaires de la province du Guangdong et de Hong Kong, avec quelques résidents sinophones originaires de Taïwan.
C’est un pôle d’attractivité touristique majeur puisqu’il attire chaque année plus de visiteurs que le pont du Golden Gate.
Grant Avenue abrite la Porte du Dragon. Elle donne sur la place Saint Mary Square. On y trouve également un mémorial dédié aux anciens combattants chinois, ainsi que des boutiques, des restaurants et des centres commerciaux fréquentés principalement par les touristes.
Stockton Street, moins touristique, offre une ambiance chinoise authentique, rappelant Hong Kong, avec ses marchés de produits frais et de poissons, ses magasins et ses restaurants.
Sur Portsmouth Square, on pratique le tai-chi et le jeu d’échec chinois.

Sydney
Comme pour Melbourne, le Chinatown de Sydney se trouve dans le CBD, le quartier des affaires. Elle occupe la majeure partie du quartier de Haymarket, entre la gare centrale et Darling Harbour.
Les premiers membres de la communauté chinoise à avoir foulé le sol australien l’ont fait au début du dix-neuvième siècle avec comme objectif de découvrir de l’or. La population chinoise était traditionnellement représentée par des personnes originaires du sud de la Chine, notamment des provinces du Guangdong et du Fujian.
Depuis 2019, la rue Dixon et les rues adjacentes sont entièrement piétonnes tous les vendredis à partir de 16h, afin d’accueillir les marchés nocturnes du vendredi. Différents stands proposant de la cuisine de rue asiatique. A l’ouest de Chinatown, un Jardin chinois de l’Amitié a été aménagé et offre un écrin de verdure reposant et bienvenu.
Preuve que l’immigration asiatique a bien fonctionné en Australie, Chinatown a pour quartiers voisins ceux de Korea Town et Thai Town, côté est.

Toronto
Dans le vieux Toronto, Chinatown se trouve à l’intersection de l’avenue Spadina et de la rue Dundas Ouest. Le tramway passe en plein milieu.
Le quartier est mis à mal par le processus de gentrification. Sa proximité avec le centre financier de la ville le rend attrayant pour les jeunes professionnels. Si les épiceries et les boutiques subsistent, la plupart des restaurants autrefois réputés de la rue Dundas Ouest, notamment les barbecues situés en sous-sol, ont fermé leurs portes.
Aussi, ce quartier qui s’est développé dans les années 1950-1960 est concurrencé par d’autres Chinatown en banlieue. Un autre quartier chinois s’est formé dans les années 70 plus à l’est, à l’intersection de l’avenue Broadview et de la rue Gerrard Est, et qui abrite la seule arche chinoise de Toronto.
Vancouver
Oubliez Chinatown, voici « Hongcouver », un surnom qui est dû à l’importante présence de la communauté cantoinaise à Vancouver. Cependant, la langue cantonais perd du terrain. Ces dernières années, la plupart des immigrants sont originaires de Chine continentale et parlent le mandarin.
Malgré un léger déclin du fait de la dispersion de la diaspora, le quartier chinois demeure une attraction touristique populaire et l’un des plus grands quartiers chinois historiques d’Amérique du Nord. Il est idéalement situé non loin du quartier financier.
Parmi les immeubles remarquables, citons notamment le Sam Kee, bâtiment commercial le plus étroit au monde. Ou encore les bureaux de l’association pour la réforme de l’empire chinois et de l’association chinoise de bienfaisance. Enfin, allez faire un tour du côté du jardin public du Dr. Sun Yat-Sen.

Yokohama
Yokohama, la deuxième plus grande ville du Japon, située au sud de Tokyo, abrite la plus grande communauté chinoise du pays.
Le quartier chinois de Yokohama est le plus grand du Japon, surpassant ceux de Kobe et de Nagasaki. On y trouve environ 250 boutiques et restaurants chinois.
En 1859, avec l’ouverture du port de Yokohama, de nombreux immigrants chinois arrivèrent au Japon et s’y installèrent. Ces derniers étaient chargés de négocier avec les marchands japonais l’achat de soie brute et de thé, produits d’importation majeurs du Japon à l’époque. Plus tard, des liaisons maritimes furent créées vers Hong Kong et Shanghai.
L’année 2006 a vu la création du temple Mazu Miao pour marquer le 150e anniversaire du quartier chinois de Yokohama, et celui-ci est devenu un élément touristique important.






