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Le blog voyage by Chapka

Voyage à la campagne : ces villages qui ont façonné l’Histoire de France

Il y a certaines villes qui ont été le théâtre des grands événements de l’Histoire de France. On pense bien évidemment à Paris, à Versailles, à Poitiers où Charles Martel repoussait les armées Omeyyades ou encore à Verdun, cette petite ville de la Meuse qui a accueilli bien malgré elle pas moins de cinq batailles sanglantes au cours des siècles.

En France, le tourisme de mémoire s’est récemment développé, avec l’envie d’en connaître davantage sur notre belle nation. Ainsi chaque année, les curieux se pressent dans les châteaux de la Loire, dans les jardins de Louis XIV à Versailles, sur les plages du Débarquement de Normandie, au Mémorial de Caen, dans le village martyr d’Oradour-sur-Glane ou à Colombey-les-Deux-Eglises pour rendre hommage au Général de Gaulle.

D’autres villages, moins fréquentés, méritent également une halte. Ce ne sont parfois que des lieux-dits, des hameaux, des bourgs paisibles d’une centaine d’habitants, or ils abritent des sites remarquables et des histoires incroyables. Alors, pourquoi ne pas s’y installer pour des vacances reposantes ? Ce sera aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur l’Histoire de France et de jouer aux apprentis archéologues. Suivez le guide !

La-Roche-Blanche (Puy-de-Dôme), le site de Gergovie

Des grottes et une tour médiévale surplombe le village d’environ 3 500 habitants. Pourtant, ce qui nous intéresse à La-Roche-Blanche se situe au nord-ouest. Il s’agit du plateau de Gergovie. En 52 avant JC, les armées arvernes (actuellement des auvergnats) menées par Vercingétorix remportaient la bataille de Gergovie contre les légionnaires de Jules César.

Le Stratège Romain avait pourtant réuni 30 000 légionnaires et 10 000 soldats gaulois d’une tribu concurrente -les Eduens (issue de l’actuelle Bourgogne) pour détruire les armées de Vercingétorix, retranchés dans l’oppidum (forteresse d’époque) de Gergovie. Cependant, avant l’assaut, César fut trahi par les Eduens, qui changèrent de camp. César, pris en sandwich (c’eût été plus drôle en salade), fut obligé de sonner la retraite. Il prendra sa revanche contre les Arvernes quelques semaines/mois plus tard à Alésia.

Cette bataille de Gergovie montre l’unité entre deux peuples gaulois concurrents, le symbole d’une belle fraternité à la française !

A découvrir : le musée de Gergovie

Alise-Sainte-Reine (Côte d’Or), le siège d’Alésia

Dans les aventures d’Astérix et Obélix, tout le monde semble vouloir oublier l’emplacement exact du siège d’Alésia. C’était sans compter sans le travail des archéologues qui estiment que le site d’Alésia se trouve à Alise-Sainte-Reine (600 habitants actuellement), à 50 kilomètres au nord-ouest de Dijon.

Alésia est la bataille décisive dans la Guerre des Gaules. Fort de son succès à Gergovie, Vercingétorix et ses hommes (80 000 gugusses) se retranchent dans l’oppidum d’Alésia, entourés par des légions romaines (env. 60 000 soldats) qui ont appris de leurs erreurs passées. Cette fois-ci, César ne prépare pas d’assaut contre l’oppidum. Il se contente d’affamer les Gaulois retranchés et de repousser les attaques gauloises venues de l’extérieur. Vercingétorix est pris au piège et finit par se rendre à César. Selon la légende, il déposera ses armes au pied du dictateur romain. Toute la Gaule est Romaine…oui, toute, mais ainsi naît l’idée d’une Gaule unie contre l’envahisseur romain (mais profitant tout de même des inventions de l’époque, comme les routes pavées et les ponts !)

Un enseignement sur cette bataille : si tu veux tenir un siège, prévois suffisamment de stocks de nourriture ou aménage un potager bio ! Bref, Alésia est la première grande défaite de notre histoire franco-gauloise, une défaite au mérite avec ce traditionnel french flair, ce panache à la française !

A découvrir : le parc-musée d’Alésia

Le site archéologique d’Alésia.

Les plus beaux sites romains en France :

  • Le Pont du Gard.
  • Les arènes de Nîmes et d’Arles.
  • Les théâtres antiques d’Orange et de Lyon (quartier Fourvière)
  • Le site archéologique de Vaison-la-Romaine.
  • L’arc de Germanicus à Saintes (Charente-Maritime)
  • Le temple dédié à l’Empereur Auguste et à sa femme Livie à Vienne (Isère).

Vouillé (Vienne), dehors les Wisigoths !

Vouillé, petite ville au nord de l’agglomération poitevine, a accueilli une bataille importante de l’Histoire de France au printemps 507 (oui ça remonte !). Le roi des francs Clovis sort vainqueur de son duel contre le roi wisigoths Alaric II, lequel aurait été tué en personne par Clovis. Les Wisigoths sont contraints d’abandonner à leurs vainqueurs un très vaste territoire entre la Loire et les Pyrénées, le Midi de la France !

Plateau du Sinargues (Gard), Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) et les bords de la Berre (Aude), les victoires de Charles Martel

L’invasion omeyyade en France initiée en 719 en région narbonnaise a été foudroyante et les armées musulmanes n’ont été repoussés qu’à partir de 732 à Poitiers par Charles Martel. Le Duc des Francs a ensuite amorcé une reconquête des territoires perdus, enchaînant les victoires. Parmi les plus probantes, certaines ont été réalisées dans des contrées méconnues de nos jours :

  • Le plateau de Sinargues (en l’an 736). La bataille fut terrible. La légende veut qu’il fallût trois jours entiers pour enterrer les morts. En commémoration, le roi Franc fit construire sur ces lieux, une chapelle dédiée à Saint-Jean des Vignes. Aujourd’hui, le Sinargues est un vignoble de Côte du Rhône. Le vin rouge est produit sur les communes de Domazan, Estézargues, Rochefort-du-Gard et Saze, dans le département du Gard. C’est l’occasion rêvée pour de superbes dégustations cet été !
  • L’étang de Bages et les bords de la Berre (737). De nos jours, la réserve africaine de Sigean s’est implantée au sud de Bages, jolie commune possédant aussi des vignobles.
  • L’île de Maguelone (737), devenue presqu’île de nos jours. Aujourd’hui, ce territoire se trouve sur la commune de Villeneuve-lès-Maguelone. A l’époque, le village se trouvait sur un cordon sableux entre la lagune et la mer. La nouvelle ville s’est développée dans la plaine de la Mosson, au bord des étangs et de la mer Méditerranée. On y retrouve aujourd’hui la réserve naturelle nationale de l’Estagnol.
Bagès et l’étang de Berre

Taillebourg et son pont si convoité sur la Charente

Taillebourg est un joli village de Charente-Maritime au nord de Saintes. Les habitants vivent au bord de la Charente ou autour des vestiges du Château. L’été, les quais s’animent grâce aux pédalos et aux quelques terrasses où il fait bon manger et prendre l’apéro (Les Quais de Taillebourg, Auberge des Glycines). La ville fut longtemps convoitée grâce (ou à cause) de son pont qui traverse la Charente. En 808, Taillebourg a été le théâtre d’une bataille entre Charlemagne et les Sarrasins (victoire des francs). En 1242, le Roi de France Louis IX sort vainqueur de la bataille de Taillebourg contre une coalition de féodaux du Poitou (Maison de Lusignan) soutenu par le Roi d’Angleterre Henri III. Saint-Louis continuera son épopée jusqu’à Saintes, qui devient une ville-frontière entre domaines français et anglo-aquitain.

Neufchâtel-en-Bray, et la Normandie redevint française

Le Duché de Normandie s’est révélé puissant pendant le règne de Guillaume le Conquérent entre 1035 et 1087. Dans sa soif de conquête, le bougre a même réussi à conquérir l’Angleterre (seul Jules César avait réussi avant lui !). Guillaume fut roi d’Angleterre de 1066 à 1087.

Les Français voudront reprendre cette région aux Plantagenêt, installés depuis peu en Normandie. Ils entament leur conquête en 1202 par une défaite à Neufchâtel-en-Bray. Deux ans plus tard, ils retentent leur chance dans la même ville de Seine-Maritime et s’imposent, reconquérant enfin la Normandie.

La ville fut reprise par les Anglais pendant la Guerre de Cent Ans en 1419, puis à nouveau libérée par les Français en 1449.

Aujourd’hui, la ville est célèbre pour son fromage AOP Neufchâtel-en-Bray, en forme de cœur. A voir : le musée Mathon-Durand

Azincourt, plus qu’une défaite, une leçon tactique

Si la bataille d’Azincourt (1415) est l’une des plus connues de la Guerre de Cent Ans, c’est parce que les Français y ont pris une défaite cinglante et une leçon tactique. En effet, la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers anglais et gallois, équipés de grands arcs à très longue portée. Imparable !

Aujourd’hui, Azincourt est un paisible village du Pas-de-Calais.

Autres villages sympathiques où la Guerre de Cent Ans à sévit :

  • Gerberoy en Picardie.
  • Saint-Valery-sur-Somme en Baie de Somme.
  • Saint-Jean-d’Angély et Soubise en Charente Maritime.
  • Brignais dans le Rhône.
  • Verneuil-sur-Avre et Bernay dans l’Eure.
  • Jargeau dans le Loiret.
  • Baugé et Pouancé dans le Maine-et-Loire.
  • Pontvallin dans la Sarthe.
  • La Charité-sur-Loire dans la Nièvre.
  • Chizé dans les Deux-Sèvres.
  • Tartas dans les Landes.

Castillon-la-Bataille, la fin de la Guerre de Cent Ans

Au bord de la Dordogne, entre Libourne et Sainte-Foy-la-Grande, découvrez le beau village de Castillon-la-Bataille entouré de vignobles du Bordelais. La commune est aussi connue pour sa bataille qui mit fin à la Guerre de Cent Ans entre Français et Anglais.

À la suite de la reconquête de la Normandie (campagne de 1450), les Français dirigent leurs efforts vers la seule région encore aux mains des Anglais, la Guyenne (Aquitaine actuelle). C’est donc sur les bords de la Dordogne que les Français vont finir le travail en battant les armées de John Talbot, tué pendant les combats. Pour la petite anecdote : Talbot souhaitait attendre avant de charger les armées françaises mais il a été convaincu de le faire rapidement pour protéger les vignes. Le vin avant tout !

Castillon-la-Bataille.

Saint-Aubin-du-Cormier, là où la Bretagne perdit son indépendance

Si les Bretons sont si fiers de leur région, de leur langue et de leur culture singulière, c’est parce qu’ils ont longtemps résisté à l’envahisseur français. Pourtant, Bretons et Français ne se sont pas toujours regardés en chiens de faïence. En 1450 à Formigny, les deux armées se sont alliés pour délivrer la Normandie, alors sous contrôle anglais. Des Bretons qui aident des Normands, quelle drôle d’idée !

En 1488 pourtant, l’alliance n’est plus et l’armée bretonne est terrassée par l’armée française à Saint-Aubin-du-Cormier. Il faudra attendre tout de même 1532 et la ratification de l’Edit de Nantes pour sceller l’annexion du duché de Bretagne par le royaume de France.

C’est donc à Saint-Aubin-du-Cormier, petite commune de moins de 4000 habitants en Ille-et-Vilaine que naquit l’esprit des indépendantistes bretons !

Ménerbes dans le Lubéron, au cœur des guerres de religion

Bâti sur un éperon rocheux du Luberon en entouré de vignobles, Ménerbes est l’un des plus beaux villages de France. Or, entre 1573 et 1578, ce bourg a été le théâtre d’affrontements entre Catholiques et Protestants. Ce sont les Protestants qui ont pris ce village cher au Pape pour répondre du massacre de la Saint-Barthélémy survenu quelques mois plus tôt. Ils tiendront cinq ans avant de se rendre glorieusement.

Menerbes.

D’autres jolis villages pris dans les guerres de religion :

  • Pontcharra en Isère.
  • Coutras en Gironde.
  • Sancerre dans le Cher.

Castillo-di-Rostino, la Corse passe sous pavillon français

Les Corses ont souvent eu des velléités indépendantistes. En 1564, alors que l’île de beauté appartient à la République de Gênes, les résistants Corses reprennent l’île aux Génois suite à la bataille de Vescovato. C’étant sans compter sur l’arrivée de nouveaux envahisseurs, les Français !

En 1768, par le traité de Versailles, la république de Gênes cède à la France ses droits sur la Corse. Les Corses décident là encore de se révolter. En 1769, soit vingt ans avant la Révolution Française, le Roi Louis XV gagne la bataille de Ponte-Novo (Ponte Novu en corse) contre les troupes de Pascal Paoli, contraint à l’exil. La France annexe officiellement la Corse.

Aujourd’hui, Ponte-Novo est un bourg de la commune de Castillo-di-Rostino.

Varennes-en-Argonne (Meuse), la fuite avortée du Roi Louis XVI

Nous savons tous que la fuite du Roi Louis XVI s’est terminée à Varennes en juin 1791. Ce que nous savons moins, c’est la localisation de Varennes (sauf si on habite le Grand Est !). Aujourd’hui, la commune s’appelle Varennes-en-Argonne et se situe dans la Meuse (à 250 bornes à l’est de Paris). Une plaque, située près de l’actuel beffroi de la ville, indique l’emplacement de l’« Auberge du bras d’Or », devant laquelle la route de la famille royale s’est arrêtée.

Wissembourg en Alsace, témoin du conflit franco-prussien

Cette cité fortifiée alsacienne à la frontière avec l’Allemagne a connu plusieurs batailles : en 1793 entre les Révolutionnaires français et les Monarchistes Prussiens (victoire décisive !), puis en 1870 pendant la Guerre entre l’Empire Français et la Prusse. C’est la première d’une longue série défaite pour Napoléon III.

Wissembourg en Alsace.

Le Boulou dans les Pyrénées Orientales

Le Boulou, joli village de montagne en pays catalan, non loin de Perpignan, a été le terrain de jeu de batailles entre les Révolutionnaires Français et les Monarchistes Espagnols en 1793 (victoire ibérique), puis en 1794 (victoire française).

La Vendée, terre de révolte

Si la Révolution Française est saluée dans une bonne partie de l’hexagone, de Paris à Marseille (au chant de la Marseillaise !), il y a une région où cela va dégréner entre royalistes et républicains, la Vendée. Une guerre civile éclate de 1793 à 1796 et les conflits reprendront jusqu’en 1832 à chaque changement de régime, entre la République, l’Empire, la Restauration de la Monarchie, le Second Empire, le retour de la République, etc, etc, etc.

Brienne-le-Château, une victoire française de Napoléon Bonaparte

Les batailles de l’Empereur Napoléon sur le territoire français ne sont pas les plus célèbres, et pourtant, le petit Corse a fait défilé ses troupes dans de jolis villages de l’Hexagone et notamment à Brienne-le-Château où il bat l’armée de Prusse. D’ailleurs, il existe désormais un Musée Napoléon dans ce charmant village de l’Aube.

Napoléon a également combattu à :

  • Fort l’Ecluse dans la commune de Léaz (Ain).
  • Arcis-sur-Aube (Aube).
  • Fère-Champenoise (Marne).

Bitche (Moselle), l’Empire contre-attaque

Bitche et son imposante citadelle fut assiégée par les troupes prussiennes pendant la Guerre de 1870. La ville fut protégée héroïquement par les soldats fidèles à l’Empereur Napoléon III pendant 230 jours. La garnison française finira par évacuer la ville, devenue territoire allemand de 1871 à 1918.

La citadelle de Bitche.

Monthermé et Givet dans les Ardennes, la défaite express de 1940

Monthermé et Givet, deux beaux villages du Parc naturel des Ardennes, bordés par la Meuse, ont été témoin de la déroute française de 1940 contre une Allemagne nazie revancharde après leur défaite de 1918. Ces deux défaites inaugurales de mai seront suivis par d’autres et par une capitulation en juin. Monthermé et Givet sont depuis redevenus paisibles.

Monthermé et la vallée de la Meuse.

Cricqueville-en-Bessin et la Pointe du Hoc (Normandie)

Commune littorale de la Manche, Cricqueville-en-Bessin est située à dix kilomètres d’Isigny-sur-Mer et à vingt-cinq kilomètres de Bayeux, dans le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. Elle abrite la célèbre Pointe du Hoc. Ce point stratégique sera repris aux mains des Allemands par 225 rangers américains fraîchement débarqués sur la plage d’Omaha Beach le 6 juin 1944. Un tournant décisif dans la Bataille de Normandie et dans la Libération de notre beau pays, la France !

La pointe du Hoc.

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