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Le blog voyage by Chapka

Bons Baisers : Apprendre à voyager lentement

Cher Chapka,

Voilà plus de quatre mois que nous sommes arrivés en Inde. Dans moins d’un mois, nous serons en Nouvelle-Zélande pour le début de notre grand voyage sans avion. Je n’ai pas vu le temps filer. J’ai l’impression d’être arrivée hier comme j’ai le sentiment d’avoir toujours vécu ici.

Nous aurons passé deux mois au Pakistan et trois en Inde. En trois mois en Inde, nous n’aurons pas vu beaucoup plus que ceux qui se font un circuit de trois semaines : Delhi, Agra, Varanasi, Amritsar, Dharamsala, puis un tour dans le Rajasthan. Nous voulions faire des treks dans les montagnes, nous voulions suivre une formation de yoga, nous voulions nous retirer pour méditer… Mais finalement nous n’en aurons pas le temps.

Nous avons un peu vécu à chaque endroit où nous sommes passés. Nous avons un peu vécu à Varanasi où nous nous sommes fait des amis qui nous ont invité chez eux et fait visiter leur campagne. Nous avons un peu vécu à Islamabad où nous avons eu un petit appartement qui nous a permis d’accueillir des voyageurs. Nous avons un peu vécu à Karachi où nous avions pris l’habitude d’aller travailler dans un café. Nous avons un peu vécu à Dharamsala où nous faisions la même balade tous les jours parce qu’elle était trop jolie. Nous avons un peu vécu à Bikaner dans une petite auberge qui essaie d’introduire à son échelle le zéro déchet. Nous avons un peu vécu dans le désert du Thar où nous étions accueillis par une grande famille. Et je t’écris depuis Bundi où nous vivons dans une petite maison bleue où nous renouons avec les joies simples comme cuisiner et sympathiser avec ses voisins.

Au début de notre voyage, en arrivant à Varanasi, j’ai eu peur de m’ennuyer. Deux semaines dans une petite ville qui se visite en une ou deux journées ? Mais qu’allait-on faire ? Je n’avais jamais voyagé comme ça. J’avais toujours eu plus ou moins un planning, parce que j’ai toujours eu une date de retour. Et finalement ces deux semaines sont passées trop vite et nous avons hésité à retourner à Varanasi.

Alors oui, je sais que tous les voyageurs ne peuvent pas se le permettre. Que le temps est un luxe rare aujourd’hui. Et que nous-mêmes pourrions être encore plus lents. Mais nous apprenons. C’est ce que je retiens de ce début de vie nomade : voir moins de choses mais prendre le temps de vivre quelque part, de se créer une petite routine, de rencontrer des gens. Apprendre à rallonger un peu son séjour pour être là pour l’anniversaire de ce nouvel ami, pouvoir dire « je me sens bien ici, j’ai envie de rester un peu », apprendre à ne rien faire de productif. Voilà qui change radicalement de mon ancienne vie où tout était chronométré et optimisé pour la productivité.

La transition est douce mais est loin d’être terminée. J’ai souvent encore cette pointe de culpabilité : je suis nomade digitale, il faut que je travaille plus ; je n’ai quasiment rien visité de cette ville où je suis pourtant restée un moment.

J’apprends la lenteur, j’apprends à prendre mon temps. Je trouve tout doucement le rythme de cette nouvelle vie, mon rythme nomade. Et j’y prends goût.

Dans un mois nous serons en Nouvelle-Zélande, dans un mois débutera notre voyage de retour sans avion qui durera des années. Après tout, ces cinq mois n’étaient que notre escale. Nous allons encore ralentir un peu, apprendre davantage à voyager doucement.

Je t’embrasse.

Léa
Bons baisers, blog voyage épistolaire

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