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Le blog voyage by Chapka

Rencontre avec les ethnies du Myanmar, par Girltrotter

Article rédigé par Marelune Yvinec du blog Girltrotter.

Revenue d’un voyage au Myanmar, j’aimerais vous parler des ethnies locales et de la richesse du peuple de Birmanie. C’est parti pour quelques minutes de lecture au cœur du folklore local.

Alors que je m’apprête à partir en Birmanie, je me renseigne sur les coutumes du pays, les traditions, les peuples. Je suis passionnées par les gens, leurs façons de vivre et j’aime remonter aux origines. Je découvre ainsi que le Myanmar compte un grand nombre d’ethnies locales et décide de partir à la rencontre de deux d’entre-elles Les Pa-O et les Chin.

Au cœur du quotidien d’une tribu Pa-O

L’un des treks les plus connus du Myanmar, la randonnée qui mène de la petite ville de Kalaw au Lac Inle dans l’état Shan, passe par plusieurs territoires de différentes tribus. Il y a les Pa-O, les Danu, les Palaung par exemple. Le circuit permet si vous partez avec un guide local de dormir chez l’habitant. C’est une bonne occasion pour aller à la rencontre des locaux et pour découvrir leur mode de vie.

Un petit mot au sujet du tourisme local et responsable : n’oubliez jamais que vous devez respecter les locaux et leur mode de vie. Puisque vous allez chez eux, adaptez vous à leurs habitudes. Je vous invite aussi à privilégier les tours en solo plutôt qu’en groupe nombreux. C’est plus respectueux des habitants qui n’ont pas forcément envie d’être vus comme des animaux au zoo et cela vous permettra une expérience plus singulière. Aussi, par exemple, ne photographiez pas les personnes sans avoir préalablement posé la question par avance et respectez leur réponse.

Pour reprendre, j’empruntais donc la route, accompagnée de mon jeune guide Jo. L’itinéraire avait été défini ensemble tel que nous devions passer la deuxième nuit dans une famille Pa-O. À notre arrivée, chacun vaquait à ses occupations et c’était parfait ainsi. J’avais l’occasion de passer -presque- inaperçue et de m’intégrer doucement. Je commençais pas une bonne toilette dehors, entre les quelques murs de bétons montés pour protéger l’intimité. Puis j’assistais à une jolie scène, tout d’abord incompréhensible puis décryptée par mon guide.

Un homme arrive sur une placette entre les maisons, une charrette pleine de plantes. Les femmes se pressent autour de lui. Dans un brouhaha, elles choisissent soigneusement leur achat et en fond de gros bouquets en négociant jusqu’à la dernière tige. L’homme repart les mains vides et les poches pleines et les femmes heureuses. Les bouquets serviront d’offrandes aux dieux pour la cérémonie quotidienne.

Plus tard, je m’assois dans la cuisine avec la jeune fille de la maison qui m’accueille, elle cuisine pour nous. Nous discutons ensemble comme possible. Je comprends qu’elle est mariée mais n’a pas encore d’enfant, qu’elle vit avec son compagnon dans la maison d’en face mais aide ses parents. Nous lions comme un lien délicat mais qui me laisse un souvenir mémorable. Nous nous appréhendons peu à peu et elle en vient à me proposer de me montrer ses vêtements traditionnels. S’en suit un drôle d’épisode dont je suis le personnage central et qui fait beaucoup rire. Les femmes des alentours qui se sont massées là pour me voir porter la tenue de cérémonie que l’on m’a demandé d’enfiler. C’est un moment de joie et de complicité que j’aime me remémorer.

Justement, on m’enfile la coiffe locale, faite d’une serviette ou d’un chèche. Une légende raconte que les Pa-O seraient les descendants de dragons : une dragonne qui s’ennuyait dans son monde décida de se rendre chez les Hommes. Sous forme humaine, elle tomba amoureuse puis enceinte d’un homme qui abandonna femme et enfant lorsqu’il découvrir la véritable identité de son épouse. Les femmes Pa-O, mi-dragon mi-humaine, descendraient de cet enfant. C’est pourquoi elles portent la coiffe de tissu qui représente la tête d’un dragon.

Dans la région de Kalaw on trouve neuf villages Pa-O.

Rencontre avec les femmes au visage tatoué de l’ethnie Chin

Autre moment très fort de mon voyage au Myanmar : ma rencontre avec les femmes tatouées du visage. Dans l’état Chin, vit le peuple du même nom. Pas question pour eux de prétendre qu’ils sont birmans car ils sont Chin avant tout, avec leur propre langue et leurs traditions. Certaines tendant à se perdre… c’est le cas du tatouage facial des femmes qui fût interdit dans les années cinquantes.

Enfant, les femmes se faisaient tatouer le visage avec différents motifs selon leur tribu au sein de l’ethnie Chin. C’est une coutume ancestrale qui avaient plusieurs buts. Le premier est le plus répandu est celui de la protection des femmes Chin de leurs assaillants des contrées voisines. Les rois des plaines de Bagan auraient plusieurs fois enlevé des femmes Chin, considérées comme très belles. Par la suite, la tradition est devenue capitale est un critère de beauté chez la femme qui, sans le tatouage, ne pouvait être mariée.

La pratique a été interdite par le gouvernement, probablement dans le but de rassembler les peuples tout en effaçant les coutumes les différenciants. Aujourd’hui, seule une centaine de femmes tout au plus sont les représentantes de cet héritage.

Ces rencontres furent touchantes, riches en émotions et une invitation à valoriser la différence comme l’appartenance à un peuple. Elle soulève la question de l’identité dans un monde qui tend à l’uniformisation des populations.

Pour approfondir le sujet -la pratique ancestrale du tatouage, l’avis des différentes générations de femmes sur la disparition de cette tradition, une galerie de portraits etc- je vous recommande la lecture du reportage complet sur les femmes au visage tatoué du Myanmar sur mon blog

Si je vous ai présenté deux ethnies, sachez que le Myanmar compte 135 groupes ethniques officiellement reconnus.


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