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Le blog voyage by Chapka

Le tour du monde gourmand de Marine et Rodolphe

Marine et Rodolphe, deux trentenaires de Toulon ont quitté la Rade depuis maintenant cinq mois pour effectuer un tour du monde culinaire. Ils ont vendu leur maison, leur voiture et leurs meubles Conforama pour partir à l’aventure. « On n’a plus rien mais on a l’impression d’être plus riche maintenant » confessent-ils.

Rodolphe est vidéaste indépendant. Il adore les sports de glisse, les sensations fortes et les petites bestioles…genre les fourmis. Fils de militaire, il connaît l’Hexagone comme sa poche et a même passé une partie de son enfance en Afrique. Marine, professeur de SVT (sciences et vie de la Terre) est une grande rêveuse. A force d’avoir la tête dans les nuages, elle a fini par s’envoler pour de bon.

Pourquoi avez-vous décidé de faire un tour du monde à deux ?

Après des années à essayer de se construire « une situation » comme on dit, on avait l’impression d’être toujours dans l’attente d’un avenir meilleur. Comme il avait bien du mal à arriver, on a décidé de changer d’air.

Faire le tour du monde ? On n’y avait jamais vraiment songé. En tout cas, jamais plus que comme une fugace pensée, une chimère…
Et puis un jour, j’ai lu un article tout bête du genre « les 10 lieux à visiter dans une vie » et ça a été un véritable déclic. C’était notre tour. Il fallait partir.

Marine a toujours eu des envies d’ailleurs : enseigner dans les établissements français internationaux, c’est son objectif professionnel. Alors, quand je lui ai dit « je crois qu’il faut qu’on parte faire un tour du monde », c’est comme si la décision était déjà prise !
Le soir même, on achetait une énorme carte du monde qu’on a épinglé dans le salon, et c’était parti.

Un couple en tour du monde

Tout quitter n’a pas été difficile. C’est vrai que « faire le tour du monde », c’est un peu un doux rêve. Un projet grandiose qu’on regarde de loin, ça paraît inaccessible pour bien des raisons : ça coûte cher, on ne peut pas quitter son boulot comme ça, etc. Nous on avait la chance de n’avoir ni enfant, ni crédit, ni véritable contrainte finalement.

En réalité, le seul obstacle à ce genre de projet, c’est nous-même ! Une fois qu’on prend la décision, c’est beaucoup plus simple que ce qu’on imagine, il suffit juste de s’organiser un peu. Et puis, on a eu la bonne surprise de pouvoir tout de suite compter sur le soutien de nos familles et de nos amis.

Comment avez-vous défini l’itinéraire ?

Une fois notre carte du monde géante accrochée au mur du salon, on a commencé à la remplir de post-it de tous les endroits qu’on voulait visiter. En quelques jours, la carte était remplie ! On ne voyait même plus les océans !

Il allait falloir choisir. Un an à première vue, ça parait beaucoup, mais pour un voyage autour du monde, ce n’est pas tant que ça !

On a commencé par se renseigner sur les climats pour définir un calendrier, puis un sens de rotation. Petit à petit, certaines destinations ont disparu : pas le bon timing. Le budget a également été déterminant : le coût de la vie n’étant pas le même dans tous les pays, il a fallu trouver un équilibre.
Et puis on n’avait pas envie de faire des passages « éclair ». On voulait prendre le temps de vivre un peu sur place, de profiter.

Alors on a encore réduit, à contrecœur. Ça a pris du temps, donné lieu à beaucoup de discussions, quelques bagarres, pas mal de « pierre-feuille-ciseaux ». Et on a abouti à un itinéraire qui nous paraissait cohérent et alléchant !
On a booké l’ensemble des billets d’avion. En ce sens, notre itinéraire est fixe.

En revanche, une fois dans un pays, rien n’est prévu à l’avance ! On a un laps de temps, on le remplit en fonction des envies, des rencontres. Et c’est un sentiment très appréciable, de se laisser porter où bon nous semble ! On est complètement libre, on improvise beaucoup et ça nous plaît énormément.

route de los cardones

Vous avez commencé par l’Argentine et Buenos Aires…

Dès le début, on a pas du tout accroché. Une grande ville toute grise, impersonnelle, très polluée, bruyante, peu dépaysante. On n’y a pas trouvé beaucoup d’intérêt. Il s’agissait de notre première destination et ce n’était pas ce qu’on recherchait à ce moment de notre voyage. On avait vraiment envie de dépaysement, de voir des trucs grandioses, uniques, d’en prendre plein la vue ! Alors on s’est rapidement sauvé.

S’il y a une capitale pour laquelle on a eu un véritable coup de cœur, c’est La Paz. On avait prévu d’y passer seulement deux jours, justement échaudés par notre expérience à Buenos Aires et par les échos d’autres voyageurs. Et en fait, on y resté deux semaines. On a adoré l’ambiance de cette ville, les couleurs, la cuisine…

Tous les jours, on passait des heures à se balader dans les rues très animées, à se mêler à la foule. Nous traînions dans les échoppes artisanales remplies de tissus multicolores et de maroquineries. On s’arrêtait le midi dans un almuerzo traditionnel pour déguster une sopa de mani et un guiso. Et puis on se perdait dans les marchés. Au marché de l’alto, on est allé voir les combats de cholitas et le soir, on s’asseyait dans la rue autour d’une Chola qui cuisinait des anticoucho ou des fideos de pollo.  On avait pris nos petites habitudes !

On a adoré le temps qu’on y a passé, au point d’imaginer y rester…

Visiter La Paz

La Paz depuis l’Alto

Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans les régions désertiques du nord argentin ?

De façon générale les paysages andins nous ont fascinés. C’est là qu’on a compris ce que veut dire « en prendre plein la vue » ou « se prendre une claque », enfin vous avez compris !

En Argentine, on avait loué une petite voiture pour un road trip d’une semaine au sud de Salta. Le premier jour, on a rejoint Cachi par la route de Los Cardones. On s’est retrouvé au cœur d’un épais brouillard givrant, on n’y voyait absolument rien à 5 m, c’était impressionnant ! Quand on est redescendu de l’autre côté de la montagne, on a découvert l’un des paysages les plus fabuleux de toute notre vie !

Il faisait très froid, le ciel était d’un bleu pétant. La longue route asphaltée sortait du nuage et s’avançait à perte de vue dans un paysage désertique bordé de vastes plaines peuplées d’immenses cactus. Au loin, le brouillard dévalait les flancs des montagnes comme un nuage de fumée vaporeuse. La luminosité était extraordinaire. C’était tout simplement magique.

Les jours suivants sur la ruta 40 ont été tout aussi extraordinaires. On évoluait dans des paysages impressionnants, constitués de gigantesques pans rocheux colorés, qui se dressaient tout autour de nous. À chaque virage, c’était un nouveau décor qui s’offrait à nous, des nouvelles formes et des nouvelles couleurs. On se sentait si petits, si humbles au milieu.

Nous avons parcouru des dizaines de kilomètres sans pratiquement croiser personne. Seuls au monde au milieu des géants de pierre. On était absolument libres de s’arrêter quand et où on le voulait, pour aller se perdre dans ces labyrinthes rocheux, sans restriction aucune. Cette liberté était vraiment très agréable. Imaginer les forces colossales qui ont été à l’origine de ces paysages, et admirer l’impressionnant résultat, ça nous a retourné…

La Ruta 40

La Ruta 40

Et en Bolivie ?

On a retrouvé cette fascination au cours de notre tour organisé en 4×4 au départ de Tupiza en Bolivie pour rejoindre le Salar d’Uyuni. Pendant quatre jours nous avons arpenté la magnifique, sauvage et désertique région du sud Lipez, au croisement des chemins entre Argentine, Chili et Bolivie.
On est monté jusqu’à plus de 5000m d’altitude pour découvrir les joyaux de la région ! Les colonnes de pierres grises de Muyu Kaka, le magnifique désert de Dali, bordé par des volcans aux couleurs inimaginables, des lagunes vert émeraude, rouge, noire, des geysers fumants, des sources chaudes, et finalement, le majestueux Salar d’Uyuni, sur lequel le lever de soleil nous a laissé sans voix. Des paysages uniques, forgés par la nature et encore magnifiquement préservés. On gardera un souvenir impérissable de notre passage dans les Andes, c’est évident !

Le désert de Dali et la laguna Colorada

Le désert de Dali

Comment s’est passée votre aventure au Pérou ?

Le Pérou a été une expérience disons…mitigée !

On a d’abord fait un passage éclair à Arequipa. Non seulement la ville est vraiment jolie, mais elle est très agréable à vivre ! Les habitants sont extrêmement chaleureux et accueillants, la place principale est magnifique et le marché vaut le détour. Il faut aller y déguster un ceviche dans une des échoppes ouvertes.

En revanche, Cusco a été une vraie déception : tout y était hors de prix, et on ne pouvait pas faire 10 mètres dans la rue sans se faire harceler par les vendeurs de circuits, de massage, ou de bibelots. Le soir, le centre historique se transformait en boite de nuit géante pleine de gens soûls. On a dû éviter quelques rencontres désagréables…

Bien sûr, le Machu Picchu vaut vraiment le détour ! On y est arrivé après 4 jours de trek intensif, dans un état de fatigue physique avancée, mais les guides ont coutume de dire que la visite du fameux site inca doit se mériter, et on ne peut qu’être d’accord !

Que faire au Pérou et en Bolivie ?

La vallée sacrée du Pérou

Après la déception de Cusco, nous avons gagné Nazca un peu méfiants. Mais on y a retrouvé l’ambiance chaleureuse et accueillante de l’Amérique du Sud. Et on a été étonné de toutes les activités proposées dans les environs. On s’est offert un vol en coucou pour admirer les fameuses lignes depuis le ciel et ça, c’était une super expérience !

On s’est défoulé en faisant du buggy dans les dunes et du sand board ! L’éclate ! En plus la petite ville est super chouette. Il y a de bons restaurants à tout petits prix et les rues sont très animées. Vraiment, on a beaucoup aimé ! On a retrouvé cette même facilité et douceur de vivre à Ica quelques jours plus tard.

Visiter Arequipa au Pérou

Faire du Buggy à Ica

Vous avez enchaîné avec les plages du Mexique et d’Hawaï. Où sont les plus belles ?

Alors là, on ne va pas être d’accord !

Marine : J’ai adoré Hawaï, son ambiance détendue, les palmiers, les fleurs, les couchers de soleil, le surf… C’était le paradis !
Mais malgré tout ça, les plages de la côté Caribéenne du Mexique restent les plus magnifiques que j’aie jamais vues !! Le sable blanc et fin, l’eau couleur turquoise, les cocotiers. Ma préférée : la plage de Tulum, surmontée par les ruines incas. Les doigts de pieds en éventail à se faire dorer la pilule au soleil… Le bonheur…

Rodolphe : C’est vrai que les plages du Mexique sont magnifiques mais un peu trop touristiques pour moi.
A Hawaii, non seulement y a plein de plages partout, toutes différentes (des sableuses, des rocheuses, des dorées, des noires), mais en plus il y a des vagues! Des gros rouleaux pour surfer, s’éclater. Ma plage préférée est sans hésiter Sandy Beach sur l’île d’Oahu. Je me suis régalé dans les shore break. J’y ai pourtant perdu une caméra, emportée par un rouleau, mais je ne suis pas rancunier.

Faire du surf à Hawaï

La célèbre plage de Waikiki Beach à Hawaï

Sur votre blog, vous avez une catégorie « paupiettes » avec vos découvertes culinaires. Dans quel pays vous êtes-vous le plus régalé pour le moment ?

Découvrir les spécialités culinaires de chaque pays est non seulement très important, mais très intéressant ! Et c’est souvent l’occasion de partager de bons moments avec les locaux. Dans chaque pays, on a découvert des petits plats excellents. Comme on est de vrais gourmands, on ne se prive pas et on teste toutes les spécialités locales.

On n’oubliera jamais les empanadas et les tortillas jamon y queso d’Humahuaca en Argentine. Ni la sopa de mani typique de Bolivie. Une soupe de cacahuètes, viande, pâtes et petits légumes qu’on a d’ailleurs eu l’occasion d’apprendre à préparer dans une famille de Tarija . Ça a été une super expérience, tant humaine que culinaire ! A la Paz, tous les soirs, on allait chercher un anticucho : brochette de lamelles de viande et pomme de terre cuite au grill. Un régal…

On a été initié au ceviche péruvien au marché d’Arequipa par les clients d’une petite échoppe qui se sont improvisés guides pour nous expliquer tout ce qu’il fallait visiter dans la région. C’était très chouette ! Et à Nazca, on se serait damné pour un lomo ou un pollo saltado!

Que manger au Pérou et en Bolivie ?

Le lomo saltado avec un riz pyramidal

Quant au Mexique, les stands de rues nous ont régalé de burritos, gringas et autres tacos bien garnis. Notre dernière trouvaille, à Hawaii : le Poke Bowl, bol de riz gluant et de poisson cru mariné… Frais et vraiment très bon ! Le point commun de toutes ses délicieuses spécialités, c’est qu’il faut les acheter aux stands de rues ou dans les marchés. C’est là qu’elles sont les meilleures sans aucun doute possible ! Vraiment, il ne faut pas hésiter : c’est décidément la meilleure façon de se régaler !!!

Finalement, il y a de fortes chances qu’on soit parmi les rares tourdumondistes à prendre du poids pendant notre voyage !

Que manger à Hawai ?

Le fameux Pok Bowl

Quelles sont vos prochaines destinations ?

On vient d’arriver en Malaisie, il y a juste quelques jours. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est déjà super emballé !

D’ici juillet, on doit encore passer par les Philippines, le Japon (rien que d’y penser, on est comme des fous !), la Birmanie (une de nos destinations préférées), la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et l’Indonésie ! Mais il est possible que cela change un peu. On pense par exemple à inclure le Laos.
En fait, on arrive à Bangkok début mars, et on en repart fin juillet. Entre temps… Libre à nous !

Si vous pouviez prolonger votre tour du monde de quelques mois, où iriez-vous ?

Comme on aimerait pouvoir prolonger ce voyage !! Un an de plus, ça nous dirait bien ! Mais niveau budget, ça risque d’être compliqué…

Déjà, on retournerait bien dans chaque pays visité, parce qu’à chaque fois, on en a fait qu’une petite partie. On aimerait donc découvrir la Patagonie, la jungle bolivienne et le nord du Pérou. On compléterait bien notre exploration de l’Amérique du Sud par la Colombie, que beaucoup de voyageurs nous ont conseillés. Il paraît que c’est vraiment magnifique.

Et puis y a pas mal de destinations qu’on a dû évincer lorsqu’on a défini notre itinéraire : on adorerait aller voir les aurores boréales en Laponie, visiter la Mongolie, l’Islande, le Népal. Et puis, dans un autre style, le Canada et les Etats-Unis, ça nous tente bien aussi !

Bref, ce n’est pas les idées qui manquent ! Et faut bien avouer qu’on pense déjà au prochain tour du Monde…

coucher de soleil a Hawai

Couche de soleil sur Waikiki Beach, Hawaï

Retrouvez le voyage culinaire autour du monde de Marine et Rodolphe sur leur blog BackPackExplo.

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