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Le blog du voyage by Chapka

L’écovolontariat : l’art de voyager responsable et solidaire

L’écovolontariat attire de plus en plus de voyageurs. Pour en savoir plus, nous avons interrogé Aurélie, créatrice du blog  1 mois, une espèce,  qui est une vraie experte en la matière ! D’un simple voyage, c’est devenu une véritable vocation. Dans cette interview, elle nous en dit un peu plus sur le sujet et nous parle de ses belles expériences écovolontaires.

Qu’est-ce que l’écovolontariat ?

L’écovolontariat est une action solidaire et participative qui consiste à aider, durant son temps libre, un projet lié à la préservation et à la valorisation de la diversité animale, végétale, environnementale, et culturelle. L’écovolontaire est un citoyen engagé et bénévole et ne peut, à ce titre, recevoir de contrepartie financière pour son action.

Avec un herisson au centre de sauvetage de PACA

crédit photo : 1 mois, 1 espèce

Comment trouver une mission écovolontaire ?

Une bonne solution pour trouver facilement des missions d’écovolontariat, c’est d’aller sur des sites spécialisés qui recensent des associations qui recherchent des bénévoles pour certaines actions comme J’agis pour la Nature, Eco-volontaire, Volontaires Nature, Les Blongios, Green Volunteers.

« Personnellement, pour trouver une mission d’écovolontariat, je préfère m’adresser directement aux associations sans passer par un intermédiaire. »

Je fais mes recherches en fonction de l’espèce que je souhaite découvrir et aider à préserver et/ou de la zone géographique. Je ne recherche pas forcément de missions d’écovolontariat mais surtout des projets qui m’intéressent puis j’envoie une candidature spontanée.

Il existe de nombreux types de missions écovolontaires. Je me concentre plus sur des missions de préservation de la faune sauvage, en contact avec les animaux mais il en existe bien d’autres. Soin animalier, reforestation, animation nature, guide dans des musées, sensibilisation du public, entretien de parcs naturels, suivis scientifiques, construction d’infrastructures dans des pays défavorisés, soutien aux populations, etc…

Pour en savoir plus sur mes différentes expériences :

Une expérience « coup de coeur » à partager ?

Difficile de choisir. La première mission que j’ai faite est sûrement celle qui m’a le plus marquée et qui m’a le plus appris. Celle qui m’a donné le virus et qui m’a donné envie de continuer. Il s’agit du centre de sauvegarde pour la faune sauvage de la LPO situé dans le Lubéron à Buoux. Ce centre est en quelque sorte un hôpital pour les animaux sauvages, essentiellement les oiseaux, rapaces et petits mammifères comme les hérissons ou les chauves-souris. Il accueille les animaux blessés de toute la région PACA, les soigne puis les relâche.

Mission d'ecovolontariat avec les renards en Islande

Crédit Photo : « 1 mois, 1 espèce »

Comment as-tu trouvé cette mission ?

J’habitais dans le Var à ce moment-là, donc dans la région d’action du centre LPO. Je suis tombée un jour sur un article de journal qui parlait d’une formation LPO pour devenir transporteur bénévole pour la faune sauvage en détresse. Ce qui consiste concrètement à transporter les animaux trouvés blessés dans ma zone vers le centre de sauvegarde. J’ai décidé de faire cette formation durant laquelle j’ai visité le centre. C’est alors que j’ai découvert qu’ils prenaient des écovolontaires et je leur ai demandé si je pouvais participer.

Quel était ton rôle au sein du centre LPO ?

La mission consistait à aider les soigneurs dans toutes les tâches quotidiennes du centre. Nous devions préparer la nourriture pour les animaux, faire les tournées de nourrissage, nettoyer les box et les cages, pesions les hérissons tous les jours, aidions lors des diagnostiques et des soins, transporter les animaux chez le vétérinaire, faire des courses, répondre au téléphone, entretenir les volières extérieurs, etc… Des tâches très diversifiées donc.

Les écovolontaires y sont accueillis toute l’année pour une durée minimale d’un mois. Le bénévole est logé dans un ancien château au cœur du Luberon, loin de toute civilisation dans un cadre magnifique. Lors des périodes de forte activité (printemps/été), on peut être amené à partager sa chambre avec d’autres bénévoles mais pour ma part, j’avais ma propre chambre. Les repas ne sont pas pris en charge. Les horaires de travail vont de 9h à 18h et 2 jours consécutifs de congé par semaine sont accordés, hors week-end. Idéal pour découvrir le magnifique parc naturel régional du Luberon. Aucun frais n’est à prévoir mis à part l’adhésion à la LPO.

Voici le détail de la mission en vidéo pour les curieux :

« L’avantage de cette mission c’est qu’elle est très formatrice car les écovolontaires sont vraiment amenés à participer à toutes les tâches du centre et de nombreuses espèces différentes sont prises en charge. »

On apprend à manipuler les animaux, allant de la plus petite chauve souris aux plus impressionnants des grands rapaces. On apprend à effectuer des diagnostiques, des soins, administrer des traitements, respecter des protocoles, nourrir les animaux. On apprend à s’endurcir un peu aussi, à accepter que l’on ne peut pas sauver tous les animaux, à ne pas trop s’impliquer émotionnellement quand un animal meurt ou doit être euthanasié…

Quel est ton plus beau souvenir ?

Les relâcher sont vraiment les plus beaux moments. Quand un animal reprend sa liberté, qu’on lui offre une seconde chance, c’est toujours un moment émouvant et magique. Mais j’ai ce souvenir particulier qui reste gravé dans ma mémoire, le jour où j’ai attrapé un grand duc pour le relâcher. Je n’avais jamais vu de grand duc avant, c’est un animal magnifique et impressionnant. Les soigneurs m’avaient formée pour cette procédure particulière. Le grand duc était tout au fond de son immense volière. Je l’ai approché doucement armée de mon épuisette et de mes gants en cuir. Bien qu’en posture de défense, lui n’a pas bougé. Je l’ai attrapé avec l’épuisette puis je l’ai pris dans mes bras en prenant soin de bloquer ses ailes et d’être hors de portée des serres acérées. A ce moment là, il a retourné sa tête à bien 180° et m’a fixé de ses immenses yeux oranges. Le temps a semblé s’arrêter pendant que je traversais la volière pour l’emmener vers son box de transport. J’étais comme hypnotisée par ce regard que je n’oublierai jamais. Quelques heures plus tard, il retrouvait la liberté.

Qu’est-ce que l’écovolontariat t’apporte à titre personnel ?

« L’écovolontariat a donné du sens à ma vie. »

En plus des expériences extraordinaires que cela me permet de vivre et des personnes incroyables que j’ai rencontrées, l’écovolontariat me permet de faire quelque chose d’utile et qui a du sens. Il me permet d’être plus en phase avec moi-même, d’avoir un mode de vie en adéquation avec mes principes et mes opinions. Cela me permet aussi de retrouver un peu de confiance et d’estime de moi. Avoir une activité non salariée, accomplir des actes sans recevoir d’argent en retour, c’est aussi, pour moi, la plus grande des libertés. La liberté du choix de mes actes. La liberté de faire ce qu’il me plait, ce qui me semble juste, ce qui me semble utile pour la planète et la société.

En mission en mer

crédit photo : un mois, une espèce

 

Pourquoi avoir crée le blog « un mois une espèce »?

J’ai décidé de créer ce blog suite à une décision importante que j’ai prise dans ma vie. Au début de l’année 2014, j’ai décidé de quitter mon travail pour agir sur le terrain dans un domaine qui me tient à cœur depuis toujours : la protection de l’environnement et des espèces sauvages. Je travaillais déjà dans le milieu associatif, une association qui protège notamment les baleines de Méditerranée, mais ce travail était essentiellement un travail de bureau. Deux années de suite, au mois d’août, nous sommes partis une dizaine de jours en mer pour étudier le déplacement des baleines. Moi, j’étais chargée de filmer la mission. Je crois que c’est ça qui m’a donné le déclic.

Je me rappelle avoir pensé : “Je veux faire ça tous les jours de l’année”.

Etre dehors, dans la nature, avec les animaux, agir pour leur protection, filmer et partager ces expériences. J’avais donc l’idée, en 2014, de me consacrer pleinement aux actions de terrain à travers des missions d’écovolontariat, de découvrir les acteurs de la protection de la faune sauvage, d’apprendre à leurs côtés tout en leur apportant une aide. J’ai créé ce blog après avoir fait mes premières missions car je voulais, d’une part faire connaitre les actions de ces associations, d’autre part promouvoir l’écovolontariat, mais aussi partager mes expériences pour aider d’autres écovolontaires potentiels. Il est bien plus facile de se lancer dans l’écovolontariat lorsque l’on trouve des témoignages positifs sur des structures ou des explications concrètes sur le déroulement des missions.

On retrouve donc, sur mon site www.1mois1espece.fr, un article pour chaque mission que j’ai faite qui présente la structure, ses actions, l’espèce protégée et les problématiques liées à cette espèce, mon témoignage d’écovolontaire et les modalités pour participer à une mission. Lorsque les structures d’accueil me l’autorisent, j’y ajoute également une vidéo de la mission.

Merci à Aurélie pour ce beau témoignage sur l’écovolontariat. Vous pouvez retrouvez toutes ces missions en vidéo sur sa chaine Youtube et sur son blog 1 mois, 1 espèce et sa page Facebook.

 

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